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Saône-et-Loire

Dépôt de pieds morts d'esca pour mobiliser les députés

Mardi 04 novembre 2014 par Cédric Michelin La Vigne - Vitisphere

Saône-et-Loire : dépôt de pieds morts d'esca pour mobiliser les députés

Lundi 3 novembre, aux premières heures de la matinée, les viticulteurs de l’Union viticole de Saône-et-Loire ont déversé des pieds de vignes morts devant la permanence de leurs députés. De façon coordonnée, à Louhans chez Cécile Untermaïer, au Creusot chez Philippe Baumel et à Chalon-sur-Saône, chez Christophe Sirugue (vice-président socialiste de l’assemblée nationale), une centaine de vignerons ont participé à cette démonstration de mécontentement. Puis, ils ont demandé à être reçu par ces députés. Ils sont venus leur faire part de leurs inquiétudes et les avertir qu’ils rejoindront leurs collègues agriculteurs pour la mobilisation du 5 novembre à Dijon.

Vigneron à Saint-Désert, Pierre-François Goubard s’est rendu chez Christophe Sirugue. Il a tout d’abord fait part de ses difficultés à recruter des vendangeurs. Vendanges qui se doivent obligatoirement d’être réalisées manuellement en AOC Crémant et pour les vieilles vignes. Or ces difficultés seront aggravées du fait de la suppression de l’exonération de charges salariales voulue par le gouvernement.

En Bourgogne, 35000 saisonniers sont ainsi recrutés en contrat vendange chaque année. Christophe Sirugue a affirmé à ses visiteurs qu’il avait « bien la problématique en tête ». Mais, il a calmé leurs ardeurs. « On (les députés, NDLR) doit faire la balance entre le contrat vendanges et le CICE (Contrat d’impôt pour la compétitivité et l’Emploi). Honnêtement, en face, la sécurité sociale nous dit aussi ne plus vouloir financer des salariés pour avoir un deuxième emploi à côté ». Autrement dit, la sécu réclamerait que les vendangeurs cotisent comme tout salarié.

Les vignerons ont alors déploré que « la famille ou les amis qui veulent donner la main » bénévolement ne le puissent plus le faire », sous risque pour le chef d’exploitation d’être contrôlé et verbalisé. Les députés ont indiqué avoir posé ces questions par écrit au Ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll.

Deuxième problème abordé : les maladies des bois, en particulier l’Esca. « Cela fait 13 ans que les pouvoirs publics nous laissent seuls face à ce fléau », s’est indigné Joël Pierre de Saint-Gengoux-le-National, en référence à l’interdiction de l’Arsénite de soude. Rien qu’en Saône-et-Loire, les complantations représentent 550 ha chaque année (sur 13.000 ha au total) pour un coût de 13 millions d’€ à la charge des vignerons.

« Notre principal outil de travail est sur votre trottoir », a conclu Ludovic Cottenceau, jeune viticulteur à Buxy, qui après ces derniers millésimes, faibles en volume, a témoigné des difficultés de trésorerie de tous et en particulier pour les jeunes installés.

 

Crédits Photo : Cédric Michelin

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