LE FIL

Tracteur

Améliorer son travail des sols viticoles par l'autoguidage et la caméra de recul

Jeudi 25 septembre 2014 par Alexandre Abellan

Tracteur : améliorer son travail des sols viticoles par l'autoguidage et la caméra de recul

« Le cœur de métier du vigneron reste l'observation. L'autoguidage du tracteur lui permet de se concentrer sur le travail du sol qu'il réalise et plus sur la seule conduite » rapporte Romain Baillou, commercial du château Couhins (Pessac Léognan). Développé par l'Institut National de Recherche Agronomique (INRA), le prototype de contrôle du tracteur par GPS doit permettre au tracteur de se conduire presque tout seul (sauf pour tourner aux bouts de rang). Si l'expérimentation est en encore à ses prémices, les avantages théoriques de cet outil sont nombreux, permettant « d'aller plus vite (jusqu'à 1 km/h en plus), de faire tourner le moteur à un meilleur régime et de libérer l'attention du chauffeur de la conduite pour surveiller l'outil » énumère Matthieu Arroyo, le responsable technique du château Couhins, qui est également convaincu de l'intérêt d'équiper les tracteurs viticoles de caméras de recul placées au niveau du sol : « une solution très accessible pour surveiller les outils au ras du cep et vérifier où l'on passe en travaillant ». Un outillage que l'on pourait également imaginé placé au dessus rang, pour contrôler les sorties de pulvés (« plus facile à surveiller que dans le rétro »).

Propriété de l'INRA depuis 1968*, le château de Couhins n'a pas vocation à l'expérimentation fondamentale, mais à la mise en pratique : « c'est une vitrine de l'innovation pour les vignerons » explique Romain Baillou (photo). Dans les années 1980, le châteaus'est ainsiessayé aux porte-greffes fercal et gravesac mis au point par l'INRA, dans les années 1990 c'était le tour de la confusion sexuelle des vers de la grappe et depuis les années 2000 le château n'échappe pas à la mode de la viticulture de précision. Le domaine s'est ainsi lancé dans la cartographie (notamment de vigueur avec le capteur Greenseeker) et voit l'avenir de la viticulture dans la télédétection. « L'acquisition de données ne coûte pas cher en soit, c'est le traitement des données qui fait monter la note » concède Romain Baillou (qui peut s'appuyer sur la technologie de l'INRA). Terrain de démonstration à l'échelle d'une exploitation réelle (cru classé de Graves pour ses vins blancs), le domaine espère également démonter certaines idées reçues. Comme l'obligation de traitements anti-Botrytis : depuis cinq ans le château Couhins n'en a pas réalisé un (grâce aux mesures prophylactiques, notamment d'effeuillage). « A partir de dix ans nous devrions devenir inévitablement un exemple pour nos voisins » estime Matthieu Arroyo.

 

 

* : le château à proprement parler appartient cependant au château Couhins-Lurton

 

 

[Photo : Romain Baillou ce 24 septembre, s'appuyant sur le capteur Greenseeker]

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