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Corbières

La coopérative de Rocbère balise le chemin d'augmentation de ses rémunérations

Mardi 19 août 2014 par Alexandre Abellan

Corbières : la coopérative de Rocbère balise le chemin d'augmentation de ses rémunérations

Directeur depuis juin dernier de la cave coopérative de Rocbère, Philippe Dunoguier se félicite d'avoir déclenché une évolution culturelle auprès de ses 220 adhérents : « la cave coopérative n'est ni une association, ni une administration, mais une entreprise ! » Arrivé sous l'impulsion du viticulteur Gilles Francès (président depuis 2012 de la coopérative) et de Michel Malquier (membre du conseil d'administration de la cave), le Bordelais a pour plan stratégique l'amélioration des revenus des adhérents : « actuellement nous proposons une rémunération faible par rapport à la moyenne régionale. A la fois à cause des coûts de structure, du prix de vente insuffisant des vins en vrac et des faibles rendements (38 hl/ha) ». Baptisé Rocbère 2018, cette feuille de route se base sur la restructuration, déjà réalisée, de l'appareil de production. Afin d'assainir ses finances, Rocbère avait en effet ouvert en 2012 un site unique de vinification (d'une capacité de 140 000 hl à Portel des Corbières), au terme de travaux à 5 millions d'euros ayant conduit à la fermeture des anciennes installations de Peyriac-de-Mer et Sigean. En 2014, la cave coopérative a également décidé de confier l'exploitation grand public de son complexe œnotouristique, la galerie naturelle Terra Vinéa, à la Société d'Exploitation Touristique des Sites Naturels. « Terra Vinéa ne gagnait plus d'argent depuis 2006, la fréquentation s'érodait... Il faut savoir créer un événement permanent, ce n'était pas notre métier et nous n'en avions pas les ressources » résume Philippe Dunoguier, précisant que « le site appartient toujours aux vignerons et met en avant nos vins : nous avons gardé les avantages du site, sans les inconvénients ! »

Après la réorganisation, la deuxième phase du plan stratégique passe par le déploiement commercial, à la fois sur le réseau traditionnel français et sur la vente en ligne (le site internet de Rocbère vient d'être refondu afin d'accroître son référencement internet). A terme, l'objectif de la Cave est de vendre un million de cols par an (contre 600 000 actuellement). « Rocbère en a commercialisé jusqu'à 6 millions de cols dans le passé, mais ce n'était pas valorisé. On mise sur dix fois moins de volume, mais avec une vraie valeur ajoutée » ajoute Philippe Dunoguier, qui n'a pas l'intention de passer au tout-bouteille, mais d'équilibrer les traditionnels contrats en vrac avec de nouveaux débouchés à l'export (marché dont la cave est aujourd'hui quasiment absente). Le dernier axe du plan est le maintien de l'approvisionnement de Rocbère à 70 000 hl. « Paradoxalement nous manquons de ressources, il faut travailler sur les rendements,l'irrigation, la gestion des friches... » énumère Philippe Dunoguier. Et « comme beaucoup de caves coopératives de la région, on voit l'érosion du nombre de viticulteurs adhérents. Il faut nous préparer. Dans quinze ans il y aura un véritable effet de masse, lié au départ d'une classe d'âge... »

Fondées dans les années 1930, les caves coopératives de Peyriac-de-Mer, Portel et Sigean se sont réunies sous le nom de Rocbère en 1972. L'union de coopératives regroupe aujourd'hui 220 adhérents pour 1 500 hectares de vignes et une production annuelle de 70 000 hectolitres de vins (dont 40 000 en AOC Corbières, soit 10 % de l'appellation).

 

 

[Illustration : l'un des cinq caveaux de vente de Rocbère (ici celui de Sigean) ; Rocbère]

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