LE FIL

Viticulture de précision

Une formation continue forcément à la carte

Mercredi 30 juillet 2014 par Alexandre Abellan

Viticulture de précision : une formation continue forcément à la carte

En ouvrant le séminaire sur la viticulture de précision de Montpellier SupAgro, le professeur Bruno Tisseyre (responsable de la formation AgroTIC*) se souvenait, devant une audience conséquente, qu'il y tout juste une quinzaine d'années le désert se faisait dès lors qu'il parlait de viticulture de précision. Les temps changent et l'intérêt s'est nettement accru pour la mise à profit des nouvelles technologies dans l'aide à la décision viticole. Si les grandes cultures restent en avance sur la question, les drones et nouveaux services de cartographie se multiplient dans le vignoble. Un foisonnement qui semble bien confus pour nombre de chefs de culture et responsables techniques viticoles, qui demandent « une vision d'ensemble et structurée pour être capables de trouver ce qui est opérationnel aujourd'hui et correspond à leur métier » rapporte Léo Pichon, le responsable d'Agrotic Services (l'unité de transfert de Montpellier SupAgro spécialisée dans les technologies pour l'Agriculture).

Attentes qu'il a pu mesurer début juillet à Marsala, l’Institut Technique Viticole de Sicile ayant demandé une formation aux outils de la viticulture de précision. « Nous étions préparés à aller jusqu'à des points très poussés (géostatistiques par exemple) » se rappelle Léo Pichon, « mais les besoins des professionnels étaient en fait très simples et opérationnels : savoir ce qu'était un GPS RTK, comment géolocaliser un point et produire une carte... » Alors que les innovations technologiques ne cessent de rebattre les cartes (la précision spatio-temporelle des données augmente, la connectivité ouvre les horizons...), la mise en place d'une formation continue sur la viticulture de précision semble aussi pertinente qu'évidente. Répondant actuellement aux demandes individuelles, les enseignants-chercheurs montpelliérains tiendront ce 18 novembre prochain une journée technique pour l'interprofession des vins de Loire (InterLoire).

En matière de viticulture de précision, la première demande des professionnels concerne des outils à faibles coûts. Mais en l'état actuel, l'accumulation des capteurs et modèles conduit plus surement à une accumulation d'informations qu'à une réelle aide aux décisions. L'enjeu d'avenir de la viticulture de précision reste le traitement des données pour une utilisation quasi-immédiate. Une aide à l'interprétation, qui doit désormais passer le développement de modèles solides et transposables. « C'est sympa d'avoir une image satellite de sa parcelle à véraison ou une carte de vigueur, mais la question reste : comment suis-je capable de l'utiliser pour conduire mon vignoble ? L'expertise est le mot clé pour l'interprétation » pour Léo Pichon, qui conclut que « de nombreux fantasmes naissent autour de la viticulture de précision. Je l'appellerais plutôt la viticulture mesurée, ses outils permettent de mesurer de manière géolocalisée la réponse de la vigne à des conditions climatiques et de prendre une décision objective pour appliquer la réponse adéquate à cet endroit donné. »

 

 

 

* : formation d'ingénieur agronome aux Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. 16 élèves suivront ce cursus à la rentrée prochaine, dont 3 en alternance.

 

 

[Photo : atelier Viticulture de Précision en Sicile, Blog AgroTIC]

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