LE FIL

Médoc

2 000 hectares de vignes grêlés en une nuit de Pentecôte

Vendredi 13 juin 2014 par Alexandre Abellan

Médoc : 2 000 hectares de vignes grêlés en une nuit de Pentecôte

« En 2014, on savait qu'il y aurait des orages de grêle, il y en a tous les ans » rappelle Bernard Farges, le président du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux. Pour lui, l'orage ayant touché la pointe du Médoc cette nuit de la Pentecôte « renforce l'idée de travailler à des outils de protection du vignoble (comme les canons à grêle dont il faut améliorer la mise en place technique en Gironde) et des assurances récoltes (qui doivent être assurées par une enveloppe élargie de l'Etat) ». En attendant de remettre sur le métier ces réflexions (entamées au lendemain des orages ayant ravagé l'Entre-deux-Mers en août 2013), le vignoble médocain estime encore ses plaies, avant de commencer à les panser.

Inflorescences à terre, rameaux brisés, feuilles mâchées : le cœur de l'orage de la nuit du 8 au 9 juin s'est concentré sur les communes de Blaignan et de Saint-Yzans, touchant également Blaignan, Lesparre, Ordonnac, Potensac et Prignac*. Les enquêtes auprès des vignerons sont toujours en cours, ce qui pousse le vigneron Alain Meyre (président de l'Organisme de Défense et de Gestion de Médoc) à la prudence dans le maniement des premières estimations « sur l'ampleur du désastre, de 1 700 à 2 000 hectares touchées, uniquement sur l'appellation Médoc (soit 40 % de la surface AOC) ». « Dont 500 à 700 ha sont endommagés à plus de 80 % » ajoute Marion Dupont, la directrice de l'Association de Développement Agricole et Rural du Médoc (ADAR de Pauillac). La bande allant de Lesparre à l'estuaire n'étant, historiquement, pas un couloir à grêle habituel, peu de propriétés y sont assurées. « Il faut attendre le recensement pour être exact, mais actuellement nous serions orientés vers un taux de 25 % d'exploitations assurées, représentant tout l'éventail de la viticulture girondine, du coopérateur au grand domaine en passant par la structure familiale » avance Alain Meyre.

Pour les parcelles ravagées à plus de 80 %, la Chambre d'Agriculture de Gironde conseille d'attendre les nouvelles pousses sans faire aucun traitement : « ni azote foliaire, ni cuivre, ni anti-mildiou » détaille Marion Dupont. Pour les parcelles touchées de 30 à 40 %, il est conseillé d'anticiper les anti-Botrytis et anti-mildiou, pour sauver ce qui peut l'être en cette période de fin de fleur. S'il est précoce d'estimer l'effet de cette grêle sur les prochaines récolte, « il est clair qu'il n'y aura pas de récolte pour les vignes touchées à 80 %, ou alors des ''cuvées spéciales''... » estime la conseillère viticole. Si l'impact sur la récolte 2014 est inévitable, il amplifiera « l'année difficile de 2013. La commercialisation sera fatalement touchée et toutes les demandes du marché ne pourront pas être honorées » alerte Alain Meyre.

 

 

* ainsi qu'à une moindre échelle les communes de Bégadan, Civrac, Couquèques, Saint-Germain d'Esteuil, Saint-Christoly et Saint-Trélody.

 

 

[Illustration : France3 Aquitaine]

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