LE FIL

Corbières

La coopérative d'Embres et Castelmaure ne sait plus co-opérer

Mardi 20 mai 2014 par Anne Serres

Corbières : La coopérative d'Embres et Castelmaure ne sait plus co-opérer

Le projet de Vincent Pousson et Isabelle Brunet d'ouvrir une guinguette-restaurant accolée à la cave coopérative d'Embres-et-Castelmaure (pour relire notre article, cliquez ici) n'aura pas lieu. « C'est un divorce, comme tous les divorces c'est dur, c'est triste. Pas besoin d'étaler les raisons », précise Vincent Pousson, qui n'en dira pas plus. « Nous nous concentrons sur l'avenir. Nous avons prévenu les fournisseurs, nous allons contacter un par un les gens qui avaient déjà fait des réservations, et ils sont nombreux. »

Conséquence : Vincent Pousson ne travaillera plus avec la cave d'Embres et Castelmaure, notamment pour élaborer les étiquettes et les noms de cuvées qui ont contribué à l'image et à la notoriété de la cave des Corbières ainsi qu'à son succès commercial. La cave a un millésime pour se retourner, Vincent Pousson avait déjà livré les étiquettes du millésime 2014. C'est la fin d'un époque, on se souviendra de l'Esprit du Vent, l'Envie de Raisin, la Cuvée du Potager, Vavavoum... et bien d'autres, avec leurs sous-titres rigolards et poétiques. La collaboration entre Vincent Pousson et la cave d'Embres-et-Castelmaure avaient contribué à faire de cette dernière un modèle d'innovation dans le ton et l'image au sein de la coopération.

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michel Le 18 juin 2014 à 23:06:22
Bonjour à tous, je suis relativement extèrieur à tout ça, mais il me semble que le "projet" n'était pas bien "bordé" !! En particulier, les engagements de chacun n'étaient probablement pas bien précisés, à l'origine : qui investissait, qui prenait les risques, pour quels bénéfices, et pour le bénéfice de qui. Qu'avait à gagner l"Ancienne" sommelière del Bulli à venir s'enterrer au fond des Corbières ? (NB : ce mot", "ancienne", fait un peu "has been", non ?); quel bénéfice la cave d'embres et Castelmaure pouvait elle tirer de ce restaurant ? Je le répète, le fiasco semble du à un manque de définition, dés l'origine, des engagements de chacun. Bon vent à tous. Le vin, lui, reste; il ne sera pas "l'ancien"
polo Le 28 mai 2014 à 20:35:30
Je ne connais pas le problème mais il est ridicule et contre productif de l'exposer ainsi en public !
craoux Le 28 mai 2014 à 09:15:07
Je viens de lire le commentaire de Vincent POUSSON. Mon commentaire initial n'est pas approprié. Dont acte. Je comprends que l'enterrement du projet est vécu douloureusement. Mais je me pose la question : est-ce que Vitisphère ne devrait pas re-calibrer son format actuel de "tribune" car si les uns et les autres expriment leurs idées ou exposent leurs réflexions, d'autres règlent "en direct" leurs comptes dans le cadre d'affaires privées dont on ne connait pas le fond ou les détails .. et d'ailleurs, aurait-on à en connaître ? (je pense à la triste situation de la coop de Cairanne notamment). Je préconise qu'on resserre la "tribune" sur le débat d'idées.
Marc Le 26 mai 2014 à 11:02:07
Bah, ce n'est pas l'absence de 2 ou 3 personnes qui devrait empêcher d'ouvrir ce restaurant. Surtout quand le plus gros du travail est fait. Ca me parait trop facile d'abandonner aussi vite. Ayez du courage, rebondissez. Renouvelez-vous.
Peresse Michel. Le 25 mai 2014 à 12:07:33
Pour répondre à Michel,notre ami Belge,je voudrais lui signaler que les vins de la coopérative d'Embres et Castelmaure étaient déja présents en Belgique dans les années 70.On pouvait également y trouver Latour de France pour les Côtes du Roussillon et Roquebrun pour le St CHINIAN.C'est DELHAIZE le LION avec qui j'avais le bonheur de collaborer qui avait adhéré à ces découvertes précoces des terroirs du Languedoc Roussillon.
Michel Le 25 mai 2014 à 09:35:07
Bonjour, Je suis un amateur Belge. Etant également grand amateur de Georges Brassens, j'étais fort charmé par ces bouteilles inspirées par le grand maître. J'ai acheté ces vins et puis je commençais à me réaliser que c'était le produit d'une cave cooperative avec beaucoup de créativité. Les vins montrent qu'aussi la qualité était là. Je peux vous dire que sans cette créativité, sans ce marketing produit bien adapté j'aurais probablement jamais connu les vins du coop de Castelmaure. Je suis amateur des vins de la région, et je sais également que vendre les vins Langedociennes n'est pas toujours si facile, certainement pour une cave coop. Je connais pas tous les détails de vos quérelles, mais j'ai bien impression que vous avez comme vigneron de cette cooperative besoin d'une telle vision. Je suis en vacances à Saint-Chinian prochainement, et j'avais l'intention de vous visiter, intrigué que je suis par cette fraicheur d'attaquer les défis de vente pour les vins coop. Je trouve vraiment dommage que ce sera plus nécessaire. Bien à vous --Michel Carpentier
Vincent Pousson Le 24 mai 2014 à 19:19:26
Lamentable, Bernard ? Parlons-en de ce qui est lamentable ! Je me serais comporté d'une façon lamentable. Par parenthèse, je devrais écrire "nous nous serions comportés d'une façon lamentable" puisqu'en fait, ce départ est la décision d'une équipe, d'une équipe de professionnels, Isabelle Brunet (http://www.isabellebrunet.com/) et Fanny Asco, abasourdies à la sortie de ton bureau. Lamentable ? Qu'est-ce qui est lamentable ? Le flot ininterrompu des généreuses promesses de ton Président, toutes démenties par les faits (je sais, tu n'est pas responsable) ? D'avoir demandé à Isabelle Brunet de démissionner de son poste de co-directrice de Monvínic pour finir, il y a dix jours, après tant de travail bénévole, traitée comme une saisonnière de baraques à frites : “deux mois de SMIC aux trente-cinq heures et casse-toi.” Ce manque d'envie, de soutien, cette apathie, voire pire ? Mais, comme je l'ai dit par ailleurs, je ne vais pas tout déballer, je voulais juste relever ce mot, le mot de trop : “lamentable”. Car, ce projet était tout sauf lamentable ; bien au-delà des discussions d'épiciers dans lesquelles il est mort, c'était d'avenir dont il était question. Oh, pas de “jouer aux restaurateurs”, mais de s'ouvrir au Monde. De permettre aux viticulteurs d'entrevoir la diversité de l'univers du vin, de comprendre que rien n'était gagné, qu'il fallait aller de l'avant, penser la transition bio, rencontrer la différence. Si j'osais, j'ajouterais qu'il avait une dimension éducative. Et puis quand même, faire venir au fin fonds des Corbières une ancienne sommelière d'El Bulli, ça avait de la gueule, non ? À condition qu'on s'en donne les moyens, qu'on respecte les ambitions de départ. Car la seule chose, non pas 'lamentable” mais ridicule de ce projet, c'était son budget : 30000€ d'investissement pour 60 places assises et un bar, trois postes de travail seulement. À propos d'argent, “d'ardoise”, Bernard, plutôt que de crier “ma cassette, ma cassette”, refais sérieusement les comptes. N'oublie pas que même si je suis un “artiste génial”, mon bac scientifique me permet de faire les additions : n'intègre pas à cette “ardoise” les sommes que tu n'as pas encore dépensées, les commandes qui ne sont pas encore passées, ni celles qui ne devaient pas y figurer ; tu verras, ainsi, la note sera encore un peu moins salée. Et elle le sera encore moins en revendant tout ce que nous avons patiemment chiné sur les routes de France et d'Espagne, pendant que nous bossions “pour la gloire”. In fine, avec un tout petit peu de travail, je pense que la douloureuse sera pratiquement indolore. À ce sujet, puisqu'on ouvre le livre de comptes, organisons vite le rapatriement des affaires personnelles d'Isabelle Brunet (carafes, plats, souvenirs du restaurant de ses parents), celui également du vin (lui aussi stocké à la coopérative d'Embres) de ces grands vignerons qui nous ont fait confiance et auprès desquels nous nous sommes personnellement engagés. Gérons le concret, j'ai des solutions.
bernard pueyo Le 20 mai 2014 à 15:28:40
bel article anne, juste une précision, avant de prendre pour argent comptant les dires de vincent pousson, j'aurais aimé avoir juste un coup de fil pour que nous puissions vous dire notre désarroi devant le dictat de vincent qui nous a lamentablement planté sans aucune justification. Fournisseurs prévenus mon œil, ardoises a récupérer mon œil, c'est nous la cave qui allons assumer les 28 000 euros engagés dans le projet et non vincent. arrêtez de prendre pour argent comptant les lamentations d'un artiste génial certes mais qui c'est sur le coup comporté de façon lamentable
craoux Le 20 mai 2014 à 12:48:58
Je parierais volontiers que c'est l'ambition portée en "phase 2" qui a fait achopper le projet .... proposer, outre ceux de la coop, les vins de "copains" ... gloups ! ... on peut imaginer que les "copains" sont vignerons en cave particulière .. oh le vilain mot ! ... la modernité a ses limites ! ... J'aimerais qu'on m'apporte la contradiction sur cette vision du bât qui blesse !
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