LE FIL

Pendant les primeurs

Les vins en biodynamie exposent leur diversité

Vendredi 04 avril 2014 par Alexandre Abellan

Pendant les primeurs : les vins en biodynamie exposent leur diversité

Dirigeant un grand cru classé de Saint-Emilion, le château Fonroque, Alain Moueix connaît bien l'importance de la semaine des primeurs, réalisant à ce moment 95 % de ses ventes avec le négoce. Si les transactions n'ont pas encore commencé, il pressent déjà que ce sera « un millésime de consommation, pas de spéculation. Il faut fixer un prix de consommateur. Mais ce dernier a un sens très différent pour chacun... Pour l'instant chacun joue son rôle ! » Avec une météo peu clémente et un tri sévère, les petits volumes péseront dans l'équation de la course aux allocations. Le château Fonroque a ainsi ramassé 40 % d'une récolte normale, dont la moitié servira au premier vin. Si la place de Bordeaux a assaini ses stocks, Alain Moueix ne peut s'empêcher de se demander « si le négoce aura des acheteurs de 2013 en face... »

Il constate cependant que « les gens qui viennent se rendent compte que malgré tout ce qui a été dit, les vins de Bordeaux sont au rendez-vous », ainsi que ceux du reste de l'Hexagone, le château Fonroque accueillant depuis 7 ans le salon off des vins en biodynamie. Parmi les vins présentés par le syndicat Biodyvin, les vins de Bordeaux sont même en minorité. Ce qui répond à la volonté de « profiter du monde à Bordeaux pour montrer approche différente, et voir le point commun aux vins en biodynamie dans toutes ces appellations différentes » explique Alain Moueix. Cette dégustation professionnelle élargit ainsi les frontières de l'exercice girondin, passant par exemple en Corse avec les vins de Yves Canarelli (domaine Canarelli, Figari), qui s'essaie depuis cinq ans aux vinifications en rouge dans des amphores d'argile (et depuis deux ans pour les blancs). Taquin, mais toujours modeste, il s'amuse de cette « occasion de montrer aux Bordelais que l'on peut faire des vins de qualité en dehors de Bordeaux ».

Arrivé progressivement à la biodynamie, il se souvient qu'initialement il n'était « pas du tout convaincu par [ses] premiers contacts avec la biodynamie, avec Jean-Charles Abbatucci [pionnier de la biodynamie sur l'Île de Beauté]. J'y suis venu au fur et à mesure, par la dégustation de vins avec Olivier Poussier [meilleur sommelier du monde en 2000] : on sentait quelque chose en plus, que l'on a du mal à avoir dans un vin classique. » Une pureté qui l'a poussé à passer son domaine (32 hectares) en bio en 2002, conversion qui ne l'a pas convaincu et l'a poussé à la biodynamie en 2006 : « une fois que l'on a enlevé tous les produits on fait quoi ? Avec les préparats on agit sur la vigne, ensuite on y croit ou pas... » Egalement revenu de la bio "traditionnelle", le champenois Franck Pascal n'y avait « pas vu de plus, la vie du sol ne repartait pas ». Présentait les vins clairs 2013 de son domaine familial, il explique qu'un accident médical l'a poussé, ainsi que sa compagne, à devenir un thérapeute bioénergéticien et à intégrer la perception énergétique dans sa gestion de la vigne. Il aurait ainsi décelé des blocages énergétiques sur des cas de mildiou sur feuille et grappe.

 

 

[Photo : aperçu des primeurs Biodyvin au château Fonroque ce 2 mars]

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