LE FIL

Instantané du Sitévi

Les réticents au bouchon synthétique dans leurs derniers retranchements ?

Mercredi 27 novembre 2013 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 18/11/2015 22:15:40

Instantané du Sitévi : les réticents au bouchon synthétique dans leurs derniers retranchements ?

Les garanties d'absence de déviation organoleptique et d'homogénéité constante n'y font pas grand chose : les ventes de Nomacorc semblent avoir atteint un palier (à 2,3 milliards de bouchons pour 2013). Très bien placés sur les marchés américains et français (1/3 et 1/4 des vins tranquilles bouchés par Nomacorc), ces bouchons se heurtent à un plafond de verre émotionnel : les réticences de la filière vin face à l'innovation. « La noblesse restera toujours aux vrais bouchons en liège* » reconnaît François-Xavier Denis, le directeur commercial de Nomacorc. Mais pour lui, le liège est « comme la ronce de noyer sur le tableau de bord d'une voiture, c'est plaisant mais ça ne veut pas dire que vous roulerez mieux ! » La technicité est en effet le point fort de ces bouchons co-extrudés à chaud, mais leur manque d'ancrage traditionnel ralentit leur développement.

Pour s'ouvrir de nouvelle perspective, Nomacorc présente lors du Sitévi 2013 sa nouvelle gamme Select : la série Bio. Commercialisée dès janvier 2014 en France, ces bouchons synthétiques ne s'inscrivent pas dans l'agriculture biologique, mais dans une démarche de biosourçage. « Nous avons tous les bons éléments techniques, mais il faut encore couper le lien avec l'énergie fossile pour achever de convaincre » juge Olav Aagaard (directeur R&D chez Nomacorc, photo). Reposant sur le socle technique de la gamme Select (marquée par une solide expertise de l'O2), la mousse de la série bio est obtenue à partir de bioplyéthyléne issu de cannes à sucre brésiliennes. « Au minimum 60 % de ces bouchons sont biosourcés » précise Olav Aagaard, qui ambitionne de dépasser les 80 % quand les techniques seront au point pour la peau des bouchons.

Le discours de cette gamme repose également sur une empreinte carbone neutre (les calculs la trouvent négative à la sortie de l'usine belge, grâce à la fixation du CO2 par les cannes à sucre). Les résultats d'une analyse de cycle de vie par un consultant externe sont annoncés pour janvier 2014. En mettant en avant une « histoire à raconter », les équipes commerciales de Nomacorc ont déplacé l'acceptation des bouchons synthétiques du terrain technique à celui de l'image. Combat qui serait d'ailleurs plus avancé que l'on ne pourrait le croire. Directeur de produit Nomacorc, l'œnologue Jérôme Sciacchitano rapporte que « l'on a coutume de se dire à Nomacorc que nous bouchons tous les grands vins de Bordeaux. Lorsqu'ils envoient des échantillons à l'étranger, ils cherchent à éviter le goût de bouchon... »

 

 

* : ce qui exclut les autres bouchons techniques en liège (notamment les agglomérés).

Tags : Sitevi

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