LE FIL

Contractualisation des vins et assurances grêle

2013, millésime de choc pour la filière ?

Vendredi 30 août 2013 par Alexandre Abellan

Contractualisation des vins et assurances grêle : 2013, millésime de choc pour la filière ?

Lorsqu'elles sont parues début août, les prévisions de récolte du Service des Statistiques de la Prospective avaient laissé perplexes la filière des vins. Elles semblaient en effet bien trop optimistes (à 45,8 millions d'hectolitres de vin), alors que les vignerons constataient le contre-coup d'un printemps peu propice à la fleur (avec des coulures sur les grenaches du Rhône, mais aussi sur les merlots du Sud-Ouest) et que le vignoble bordelais était sous le choc d'un orage de grêle cataclysmique (après la Bourgogne, la Champagne...). Lors de sa conférence de presse de rentrée, Jérôme Despey (président du Conseil Spécialisé Vins de FranceAgriMer) revoyait donc les estimations de récoltes à la baisse, à 43,5 millions hl, en hausse par rapport à 2012 (+3,9 %) mais toujours en dessous de la moyenne décennale.

Alors que la filière s'attendait à une récolte prometteuse en volume, « après la plus petite récolte de ces quarante dernières années, le potentiel de production est finalement très affecté par les événements climatiques de ces derniers mois » estime Jérôme Despey, qui précise que la situation 2013 sera très différente de celle de l'an passé. Les pays producteurs de l'hémisphère sud annoncent globalement une production supérieure et l'Espagne est optimiste pour ses vendanges cette année (pour en savoir plus, cliquer ici). « Le marché français est actuellement marqué par de très faibles stocks de vins. Dans ma région [le Languedoc-Roussillon], les stocks n'ont jamais été aussi bas avant une récolte ! On espère continuer le rattrapage des prix et stabiliser le marché, tout en étant prudent. » Jérôme Despey continue de prêcher pour la contractualisation pluriannuelle, rappellant qu'il n'est bon pour personne qu'il y ait des fluctuations excessives dans les cours, que ce soit à la hausse comme à la baisse.

D'abord « meurtri par les dégâts » qu'il a pu observer sur les régions grêlées, le premier représentant de la filière est désormais en colère face « aux offres des assurances, qui ne sont pas adaptées au monde viticole ». Face aux coûts élevés, seulement 100 000 hectares de vignes (sur 800 000) seraient assurées en France contre la grêle. Souhaitant lancer une réflexion de fond avec les pouvoirs publics, Jérôme Despey n'hésite pas à se demander « s'il ne faudrait pas en arriver à rendre les assurances contre la grêle obligatoires, afin de mutualiser les coûts.Aujourd'hui, il serait irresponsable de laisser la filière dans la situation actuelle. »

 

 

[Photo : Jérôme Despey lors du salon Vinexpo 2013, Vitisphere]

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