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Viticulture

La protéodie, ou la mise en musique de la protection des vignes

Jeudi 08 août 2013 par Eva Dujardin

Viticulture : la protéodie, ou la mise en musique de la protection des vignes
Le domaine de Michel Loriot (champagne Michel Loriot) a mis en place une pratique assez inédite (bien que partagée avec au moins deux autres viticulteurs champenois) : l'utilisation de musique pour les végétaux, la « protéodie ». Ce procédé a été découvert et breveté par Joël Sternheimer, chercheur en physique théorique et diplômé de l'université de Princeton. D'après la littérature, la protéodie repose sur la retranscription des chaînes d'acides aminés constituant les protéines en une séquence musicale. Selon Joël Sternheimer, chaque acide aminé correspond à une note, soit une fréquence ondulatoire intervenant sur la synthèse des protéines. Aujourd’hui, 36 viticulteurs français pratiqueraient la protéodie.
C'est au hasard d'une manifestation technique de vignerons que Michel Loriot a été séduit par la protéodie. Cela fait maintenant deux ans qu’il a mis en place ce procédé, afin de protéger ses vignes contre les maladies du bois. Selon lui « la protéodie, diffusée dans les vignes, offre au raisin une meilleure résistance aux maladies et lui permet de s’épanouir. » Ainsi tous les jours le son est diffusé (10 minutes le matin à 6 heures et 10 minutes le soir à 20 heures) sur deux de ses parcelles. Le vigneron compte mesurer l’impact de cette technique sur le développement de l'esca. « En 2012, il y a eu une légère baisse du nombre de pieds morts par rapport à l'année précédente. Mais de nombreux facteurs influencent cette maladie, notamment le temps de la saison. Il faudra donc plusieurs années pour tirer des conclusions. »
Les vignes ne sont pas les seules à profiter de la douceur des notes. Ainsi le domaine de Michel Loriot passe des airs de musique classique dans ses caves, afin « de mélanger notes et saveurs. Il s'agit par les vibrations, d'atteindre les levures présentes dans les bouteilles pour activer la diffusion des arômes dans le vin. » Chez le Domaine Jessiaume (Santenay), c’est Mozart qui officie en tant qu’assistant de vinification. Le domaine bourguignon diffuse ainsi tous les jours La Petite Musique de Nuit pendant la fermentation malolactique. Selon Marc et Jean-Baptiste Jessiaume cette « musicothérapie » produirait « des résultats étonnants au cours de la fermentation des vins. »
 
 
[Illustration : Domaine Michel Loriot ; Credit : François Schmidt]

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