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Europe-Chine

Le différend sur les panneaux solaires réglé, que deviennent les enquêtes sur les vins ?

Lundi 29 juillet 2013 par Alexandre Abellan

Europe-Chine : le différend sur les panneaux solaires réglé, que deviennent les enquêtes sur les vins ?

Ce 27 juillet, la Commission Européenne et la Chine ont conclu un accord sur les importations de panneaux photovoltaïques chinois en Europe. " Satisfait de l'engagement de prix des exportateurs de panneaux solaires de la Chine "*, le Commissaire européen au Commerce Karel De Gucht a estimé que c'était "la solution à l'amiable que l'Union Européenne et la Chine cherchaient". Cette issue ne semble cependant pas complète pour la filière européenne des vins. Car si les menaces européennes de taxation des panneaux solaires avaient entraîné l'ouverture d'enquêtes chinoises sur les exportations de vins européens, l'issue de cette procédure n'est évoquée ni par la Commission Européenne, ni par les autorités chinoises.

En cas d'issue sur la question des panneaux solaires, le Comité National des Interprofessions des Vins à appellation d’origine et indications géographiques (CNIV) et la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) plaidait pour que " l'accord intègre également une sortie de crise définitive et non pénalisante pour le secteur viticole ". L'espoir d'un arrêt net de la procédure (dont la première phase aurait coûté 800 000 euros) semble désormais illusoire. Comme Michel Chapoutier (maison M. Chapoutier) nous le confiait récemment, " vous allez voir que quand le dossier du photovoltaïque sera réglé, la filière vin se retrouvera laissée seule au milieu du gué ".

La Ministre du Commerce Extérieur, Nicole Bricq, ne risque pas de rassurer, annonçant dans un communiqué qu'elle attend « de connaître les termes exacts de cet accord avant de se prononcer » et souhaite « en retour, que les autorités chinoises mettent fin à l’enquête anti dumping lancée sur le vin européen ». Avant même l'ouverture des enquêtes, les représentants de la filière s'inquiétaient que le mal soit déjà fait. Alors président du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux, Georges Haushalter rappelait à Vinexpo qu'en " 1995, les pays du Nord de l'Europe avaient boycotté nos vins suite à la reprise des essais nucléaires français. Nous n'avons jamais réussi à récuperer les parts de marché que nous avions perdues. "

 

* : avec un prix plancher nettement en faveur des entreprises chinoises, selon les experts interviewés par Les Echos.

 

 

[Illustration : Commission Euroépenne, Europa]

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cassandre Le 02 août 2013 à 17:13:34
Ne nous faisons aucune illusion, nos pouvoirs publics sont en fait trop heureux de voir que la filière viticole exportatrice, celle qui réussit sans devoir en passer par le clientélisme et la demande d'aide, celle qui survit malgré la loi Evin et les pisse-vinaigre, celle dont le succès est même scandaleux aux yeux de bien de nos politiques, de bien de nos fonctionnaires et assimilés, va connaître des difficultés de nature à lui faire en rabattre. Je suis donc prêt à parier qu'au-delà des bonnes paroles, elle sera abandonnée aux caprices chinois. Prenons date !
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