LE FIL

Les effets de la consommation de vin sur la santé

Un sujet lobby or not lobby ?

Mercredi 20 mars 2013 par Alexandre Abellan

Les effets de la consommation de vin sur la santé : un sujet lobby or not lobby ?

« Le vin est-il bon ou mauvais pour la santé ? » Cette question anime de vifs débats, où il est rare que les prises à partie soient sans parti pris. Cherchant à s'éloigner des positions partisanes et des effets d'annonces (comme récemment les effets des anthocyanes du vin sur l'audition), l'association Vin et Société vient de publier une étude bibliographique qui pose scientifiquement la question des effets de la consommation de vin sur la santé. Réalisée par la société de conseil Alcimed, cette enquête a passé au crible 99 études scientifiques (sur 869 publications recensées sur la base de données PubMed), à la recheche de consensus ou divergences chez les chercheurs.

Consultante Alcimed, Constance Hervieu conclue dans un communiqué que « de manière consensuelle, les publications scientifiques montrent que la consommation modérée de vin a des effets bénéfiques sur la mortalité générale et dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, du cancer colorectal et du cancer de l’œsophage ». L'abstinence serait cependant obligatoire chez les femmes à risque de cancer du sein hormono-dépendant. Concernant les cancers, la consommation responsable de vin préviendraient ceux « du poumon, de la thyroïde ou du rein » et n'auraient pas « d'effet dans le déclenchement des cancers de la prostate et de l’estomac », par contre « deux controverses existent : l’une sur les cancers des voies aéro-digestives supérieures et sur le cancer de la peau ».

Lors de l'émission du 18 mars du Téléphone sonne, le docteur Michel Reynaud était quant à lui nettement moins nuancé. Chef du service addictologie de l'Hôpital Paul-Brousse (Villejuif), il déclarait sur France Inter « qu'un ou deux verres de vins sont bon pour les maladies cardiovasculaires, mais un ou deux verres, ça double déjà le risque de cancer ».Il faisait ainsi référence aux données d'une plaquette de l’Institut national du Cancer (INCA), publiée en février 2009, mais depuis désavouée pour ses conclusions approximatives et infondées. La résurgence de ces débat fait écho à la publication d'une récente étude médicale de l'hôpital Gustave Rousset, qui estime que 49 000 décès par an sont dues à la consommation de boissons alcoolisées (suite à des cancers, maladies cardiaques...).

Les résultats de cette étude sont à prendre avec des pincettes pour Joël Forgeau, nouveau président de Vin et Société, qui « prône l’éducation et le bien boire, c'est-à-dire une position de raison alliant plaisir et modération ». Mais pour Michel Reynaud, « le problème c'est le raisonnable. Et le raisonnable n'est pas là où la plupart des gens le mettent ». Dans ce face à face d'arguments et de contre-arguments, il est une constance : chacun alerte l'opinion sur la puissance de lobby du camp d'en face (qu'il soit hygiéniste, qui serait repris par la presse, ou celui des boissons alcoolisées, qui serait soutenu par des moyens financiers importants). Pendant ce temps, la question des effets sanitaires de la consommation de vin reste en suspens.

 

 

[Illustration : Vin et Société]

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé