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Histoire

Quand l'Algérie produisait 17 millions d'hectolitres de vin

Jeudi 14 mars 2013 par Alexandre Abellan

Histoire : quand l'Algérie produisait 17 millions d'hectolitres de vin

L'histoire viticole algérienne connaît deux apogées. La première période est antique, sous la domination de la Phénicie puis de l'Empire romain. La deuxième date de la colonisation française, suite à la guerre d'Alger (1830). Les interdépendances entre le vignoble algérien et le marché français ont été particulièrement fortes de 1870 à 1960, comme le montre l'article de Giulia Meloni et Johan Swinnen (université de Leuven), publié par l'Association des Economistes Américains du Vin.

Le développement du vignoble algérien s'est considérablement accéléré à partir de la chute du Second Empire, alors que la crise phylloxérique décimait le vignoble hexagonal. Le vignoble en Algérie en culmine à 360 000 hectares dans les années 1930-1939, avec une production de 17,2 millions d'hectolitre. Pour comparaison, durant cette décennie le vignoble hexagonal produit annuellement 58,8 millions hl sur 1,53 millions ha. L'Algérie devient le quatrième producteur de vins dans le monde. Le marché français s'approvisionne alors exclusivement en vrac algérien.

En 1934-1938, les 12,9 millions d'hectolitres expédiés par l'Algérie représentent en effet les deux tiers des flux mondiaux de vins (l'Italie compte pour 7 % des échanges, la France 4,3 % et l'Espagne 3 %). Au début des années 1960, les expéditions algériennes représentaient encore le double des échanges cumulés de la France, de l'Italie et de l'Espagne. Giulia Meloni et Johan Swinnen soulignent que l'essor de la viticulture algérienne est aussi spectaculaire que son déclin brutal. Dès 1962, le vignoble algérien s'est retracté, revenant d'un coup 120 ans en arrière. Aujourd'hui le vignoble algérien avoisine les 70 000 hectares, avec des exportations négligeables selon les dernières données de l'OIV. L'article de Giulia Meloni et Johan Swinnen met en avant l'héritage que le vignoble algérien a laissé dans la législation française. Son essor exponentiel dans les années 1890 aurait notamment poussé à l'institution de lois de traçabilité, préfigurant les appellations d'origine.

 

 

[Illustration : poster de l'Office Algérien d'Action Commerciale, « du soleil en bouteille »]

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VOS RÉACTIONS
Soustara Le 04 novembre 2013 à 14:18:45
Le roman sur l'Algérie qui non seulement a été refusé par tous les éditeurs, mais qui figure sur la liste noire de la PAF algérienne. Interdit à l'importation. http://www.monbestseller.com/manuscrit/en-pays-demba-1ere-partie
caton 34 Le 17 mars 2013 à 09:49:49
Jusqu'en 1962 l'Algérie c'était la France le vin algérien n'était donc pas exporté mais vendu après assemblage avec les vins u languedocien sur le marché métropolitain. En 1962 c'est l'indépendance algérienne, en 1967 l'interdiction d'importer des vins algérien en France. Autoconsommation musulmane nulle, déclin du vignoble planté en Algérie. CQFD !!!
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