LE FIL

Exportations de vins français

Un air de déjà-vu dans les records jamais-vus 2012

Vendredi 15 février 2013 par Alexandre Abellan

Exportations de vins français : un air de déjà-vu dans les records jamais-vus 2012

9,5 milliards d'euros. C'est le solde commercial français des vins et spiritueux en 2012*, qui frôle pour la première fois d'aussi près les 10 milliards d'euros, d'après les données de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France (FEVS). Si les importations françaises de vins et spiritueux sont restées stables (à 1,7 milliards d'euros), les expéditions de vins et spiritueux depuis la France ont atteint de nouveaux sommets : 11,2 milliards d'euros (+10 % par rapport à 2011). Les vins et spiritueux conservent ainsi leur place de « deuxième poste excédentaire de la balance commerciale », représentant 86 % de l'excédent de l'agroalimentaire français.

Pour les vins seuls, les exportations se sont élevées à 152,75 millions de caisses en 2012, pour un chiffre d'affaires de 7,59 milliards d'euros de vins (respectivement +3,4 et +8,5 % par rapport à 2011). La gamme de vins français la plus dynamique à l'export est celles des vins sans indications géographiques (VSIG) avec mention de cépage : +26,8 % en volume et +24,6 % en valeur. En logique écho, on retrouve le repli des expéditions de VSIG sans mention de cépages (-5,3 et -3,9 %). Si les exportations de Vins à Indications Géographiques Protégés (IGP) s'effritent en volume, elles montent nettement en gamme. Face à des résultats en demi teinte pour les champagnes (pour en savoir plus, cliquer ici), les performances des vins tranquilles d'appellation sont particuliérement remarqués (voir le tableau ci-contre).

La FEVS juge que les exportations françaises ont été favorisées l'an passé par le fléchissement de l'euro par rapport au dollar américain, la livre anglaise ou le yen japonais. Président du directoire de la FEVS, Louis Fabrice Latour souligne la compétitivité des 500 entreprises des la filière vins et spiritueux qui valorisent le « made in France » avec constance. Sa présentation faisait en effet malicieusement remarquer que « si la France a vendu 126 Rafale en 2012, combien en vendra-t-elle en 2013 ? En 2012, les exportations de la filière vins et spiritueux représentaient 150 avions Rafale vendus en plus. Mais durant la dernière décennie, les vins et spiritueux exportent en valeur l'équivalent de 130 Rafale par an. »

Face à cette avalanche de records, il apparaît une fois de plus que les exportations françaises restent déséquilibrées. La flambée des valeurs et la petite croissance des volumes témoignent d'un vignoble français à deux vitesses. La montée en gamme globale des exportations de vins français masque de moins en moins ceux laissés sur le carreau. Ainsi Champagne et Bordeaux comptent pour 60 % de la valeur des exportations françaises de vins (respectivement 31 et 29 %), alors que ces deux vignobles ne comptent plus que pour 24 % du volume exporté. A l'inverse, les vins non AOP (IGP et VSIG) représentent 46 % des volumes pour 15 % de la valeur. Les conclusions de la FEVS sur ce sujet sont particulièrement alarmistes : « En 10 ans, les exportations de vins ont perdu 10 % en volume et progressé en valeur de 30 %. (...) Pour autant, alors que les échanges internationaux de vins ont doublé en l’espace de 30 ans, la France a vu sa part dans ces échanges diminuer de moitié ». Se pose de nouveau, et avec insistance, la question de la compétitivité des vins français. Non pas dans les catégories du luxe et du prestige, mais pour les milieu et entrée de gamme.

 

 

* : en ne prenant pas en compte les ré-expéditions de vins espagnols, liquoreux portugais...

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M_betteay Le 16 février 2013 à 05:23:45
Un article très intéressant du Petit Journal daté d'hier sur le vin importé et vendu dans la grande distribution en Chine : http://www.lepetitjournal.com/shanghai/accueil/actualite/140404-pekin-et-shanghai-actualites-38
V&S recordman Le 15 février 2013 à 13:02:31
Nos exports: plus haut, plus fort, plus... ah non, pas plus forte gros, ou si peu! Heureusement que nos gros bonnets commencent à s'en apercevoir (enfin!), à quand l'aide au relancement de nos vins dans la compétition mondiale? On en représente des gros contrats... et des emplois!
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