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Vins nantais : la stratégie du cépage pour rajeunir et valoriser le Gros Plant

Par Alexandre Abellan Le 16 janvier 2013
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Vins nantais : la stratégie du cépage pour rajeunir et valoriser le Gros Plant
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n 2011, le Gros Plant du Pays Nantais devenait officiellement une AOC, délaissant le sigle de Vins Délimité de Qualité Supérieur. Appellation historique du val de Loire, le Gros Plant est fortement lié (pour ne pas dire annexé) au Muscadet. Au-delà de la proximité de ces produits (élevage sur lies, minéralité...), la stratégie de ses opérateurs a participé à ce rapprochemen. Si le Gros-Plant est principalement présenté en entrée de gamme de vins de Muscadet, c'est qu'il n'existe pas de producteur pur de Gros Plant*.

Dans les années 1970-1980, la production de Gros Plant du Pays Nantais atteignait annuellement 120 000 hectolitres. Le développement du Muscadet, une demande décroissante et un surstockage ont depuis réduit la production. Divisée par trois, la production de Gros Plant atteint ces dernières années 40 000 hl (75 % du volume passant par le négoce), contre 450 000 hl de Muscadet. Délégué de l'interprofession des vins de Loire (InterLoire) dans le Pays Nantais, François Robin estime « que grâce à la gestion rigoureuse des stocks et des surfaces, un équilibre entre la commercialisation et la production sera atteint en 2012 ».

Avec la dernière petite récolte, un effet conjoncturel aide les cours à s'orienter à la hausse. Le Gros Plant se négocierait en vrac à 100 euros l'hecto (+30 à +40 % par rapport à la campagne précédente). Mais comme en Muscadet (pour en savoir plus, cliquer ici), cette tendance vient également d'une volonté de revalorisation pilotée par la filière. François Robin résume ainsi les objectifs de ce plan stratégique : « le vignoble du Muscadet n'est pas l'aire de production d'un vin, mais un vignoble au potentiel de production diversifié. Appuyant cette vision, 3 mentions communales ont déjà été reconnues, 4 sont à venir. Pour le Gros Plant, il faut rajeunir son image, le rendant plus séduisant auprès des consommateurs. »

D'après les panels de consommateur, le Gros Plant du Pays Nantais souffre d'un paradoxe. L'appellation figure parmi les plus connues, mais le taux de passage à l'achat est très faible. L'image rustique et peu qualitative du nom de l'appellation paraît en être la cause. Parmi les pistes de réflexion envisagée par la filière, la création d'une marque commune semble la plus prometteuse. Elle capitaliserait sur le cépage du Gros Plant (la folle blanche, le cépage du Muscadet étant le melon) et sur son origine nantaise. La dénomination « folle blanche de Nantes » capitaliserait ainsi sur un cépage porteur et un ancrage géographique fort (le Grand-Ouest est le principal pôle de consommation du Gros Plant). François Robin rapporte que « certains producteurs ont déjà passé le cap, ils mettent en avant le cépage sur l'étiquette, l'AOC restant évidémment mentionnée sur la contre-étiquette ».

 

 

* : 300 des 650 producteurs de Muscadet produiraient du Gros Plant.

 

 

[Illustration : "Un nouvel horizon pour le Gros Plant", Agence Apapa]

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Tous les commentaires (1)
BIDAULT Le 19 janvier 2013 à 20:15:32
Quelle ironie de l'histoire ? Il y a 10-20 ans l'INAO voulait interdire les noms de cépage pour les vins d'appellation ! Aujourd'hui on trouve fréquemment le cépage merlot sur les bouteilles de Bordeaux, le cépage pinot noir sur les bouteilles de Bourgogne et bientôt Folle Blanche pour le Gros Plant ! Il aura fallu du temps pour se rendre à l'évidence, que les noms de cépage sont porteurs (cf la réussite de l'IGP Vins de pays d'OC) et quelques centaines de milliers d'hl perdus à l'export ! mais c'est bien connu " il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !"
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