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Pour répondre à ses marchés, l'Armagnac doit se désolidariser des vins de table

Par Alexandre Abellan Le 17 janvier 2013
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Pour répondre à ses marchés, l'Armagnac doit se désolidariser des vins de table
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lors que la campagne de distillation touche à sa fin, 18 000 hectolitres d'Alcool Pur ont d'ores et déjà été distillés en Armagnac (-18 % par rapport à la campagne précédente). Délaissant l'objectif ambitieux de 27 000 hl AP, Sébastien Lacroix (directeur du Bureau National Interprofessionnel de l'Armagnac), table aujourd'hui sur une production de 20 000 hL AP (contre 21 600 hl AP l'an passé). « L'Armagnac étant un produit de garde on ne va pas vers une pénurie immédiate » précise Sébastien Lacroix, « mais le niveau ne sera pas satisfaisant pour répondre à la demande croissante des marchés. A part 2011, toutes les dernières années ont été marquées par une distillation en deçà des besoins des marchés. »

Si la production d'Armagnac diminue, cela n'est pas dû à de faibles récoltes. Sébastien Lacroix estime en effet que « les vendanges ont été certes plus faibles que l'an dernier, mais dans la norme des vignobles d'Armagnac et de Gascogne. Cependant, la faible disponibilité des vins (en France, en Espagne, en Italie...) et l'orientation de Cognac vers la distillation ont créé des tensions sur le marché des vins sans indication géographique. Cette tendance est à l'origine d'une forte augmentation des cours. Les opérateurs d'Armagnac ont pu légitimement hésiter entre une une contractualisation sur 3 ans avec une maison d'Armagnac et une affaire ponctuelle à bon prix avec un négociant extérieur à la région. »

Pour lisser ces tendances, le BNIA promeut la contractualisation auprès de la production et du négoce. Actuellement, plus du cinquième des volumes d'Armagnac sont contractualisés. Le contrat pluriannuel (généralement de 3 ans avec des prix croissants) serait la solution pour découpler les marchés des vins de table et celui de l'Armagnac.  Le cours des vins de distillation se fixe aujourd'hui entre 4,4 et 4,8 €/°.hL, ayant augmenté de 20 % cette campagne pour répondre au besoin du négoce. En 2012, 60 % des spiritueux d'Armagnac auront été consommés à l'étranger, alors qu'il y a 3 ans l'export représentait 40 % consommation. Cette inversion de tendance est due à la demande croissante du grand export : asiatique, aussi russe et américain (pour en savoir plus cliquer ici) « Et au dynamisme des grandes maisons d'Armagnac » précise Sébastien Lacroix. Sur l'année se finissant en novembre 2012, 2,5 millions de bouteilles vendues à l'export pour 28,7 millions d'euros (respectivement +8 et +24 %).

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