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Le poids du vin en vrac dans les exportations, indicateur des tendances mais pas des stratégies

Par Alexandre Abellan Le 04 décembre 2012
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Le poids du vin en vrac dans les exportations, indicateur des tendances mais pas des stratégies
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« Le développement mondial des expéditions de vins en vrac est à nuancer selon le positionnement et les politiques de chaque pays producteur » estimait Carlo Flamini (rédacteur en chef d'Il Corriere Vinicolo) lors du salon Vinitech-Sifel 2012. Pour illustrer ces tendances, l'évolution de la part du vrac dans les volumes de vins exportés est tout indiquée. Premier pays exportateur de vins en vrac, l'Espagne a exporté ces cinq dernières années plus de 50 % de ses vins sous forme de vrac (pour 40 % en bouteille, le reste étant constitué de vins pétillants). Après une légère érosion en 2009 et 2010, la part du vrac dans les expéditions espagnoles a nettement augmenté en 2011, représentant 55,2 % des volumes. L'Espagne a ainsi affirmé son positionnement de fournisseur de vrac aux cours peu élevés, notamment à destination de l'Allemagne et de la France. Pour les exportations italiennes, la part du vrac reste globalement stable depuis 5 ans, avec 35,7 % des exportations en 2011. Pour la France, le poids du vrac dans le volume des exportations de vin décroît réguliérement, de 22,8 % en 2006 à 18,7 % en 2011.

Dans le Nouveau Monde Viticole, il n'y a pas de schéma type, mais différentes stratégies selon les marchés visés. « Dans le cas du Royaume-Uni, les droits d'accises et TVA vont encore faire monter la part du vrac de ce marché, au-delà de 40 % des volumes » prédit Carlo Flamini. Développant ses expéditions vers les Etats-Unis, le Chili réduit progressivement sa part exportée de vrac, qui est passé en dessous de 30 % en 2011 (contre 37,5 % en 2010). La part de vrac exportée par les Etats-Unis croit de manière régulière, de 13,1 % en 2000 à 51,5 % en 2010, comme pour la Nouvelle-Zélande (de 2,3 % en 2006 à 33,1 % en 2011). De même, les volumes augmentent constamment en Afrique du Sud et en Australie, atteignant respectivement 49,3 % et 49 % en 2011.

« Il faut cependant différencier la mauvaise gestion sud-africaine des succès australiens » ajoute Carlo Flamini. « La plupart des producteurs d'Afrique du Sud se contentent de vendre leur vin en vrac et ne s'intéressent pas à ce qu'il en advient. Au contraire, les Australiens ont intégré les économies de transport permises par le vrac, tout en conservant la valeur ajoutée que donne le conditionnement sur le lieu de consommation. La stratégie de développement du vrac doit être réfléchie, sinon on donne tous les pouvoirs au distributeur/importateur/conditionneur. Si tel est le cas, il n'y a alors plus de marche arrière possible. »

 

 

[Photo : Carlo Flamini le 29 novembre à Bordeaux, Alexandre Abellan]

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