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Beaujolais

Année délicate, mais loin de la catastrophe annoncée

Vendredi 16 novembre 2012 par Alexandre Abellan

Beaujolais : année délicate, mais loin de la catastrophe annoncée

230 000 hectolitres de Beaujolais Nouveau seraient produits en 2012, d'après les dernières estimations de l'Interprofession des Vins du Beaujolais (Inter Beaujolais). Par rapport aux 273 000 hl de 2011, la production du primeur diminuerait de 16 %. Une réduction de la production bien moindre que celle de l'ensemble des vins du Beaujolais : -45 %, quasiment une demie-récolte.

Directeur technique de château Grand'Grange (Le Perréon), Nicolas Dietrich juge « qu'en 2012, la production de Beaujolais Nouveau et Beaujolais Villages Nouveau se fera au détriment de leurs homologues génériques. Les petits volumes récoltés y ont poussé, par facilité technique, mais il y a un aspect plus dramatique. Les domaines fragilisées ont avant tout cherché à détendre leur trésorerie. Quand on compare les cours du Beaujolais et du Beaujolais nouveau il n'y a de toute façon pas photo... »

A l'heure des festivités du Beaujolais Nouveau (la région lyonnaise en étant le troisième pôle français de consommation), la filière s'inquiète en effet de vignerons en difficulté. Délégué Général d'Inter Beaujolais, Jean Bourjade a lu « comme tout le monde les chiffres de CER France, 500 exploitations du Beaujolais en cessation de paiement. D'ailleurs je ne les conteste pas, ni ne minimise les difficultés de certains. Mais attention, nous sommes en viticulture, pas dans l'industrie ! Il ne s'agit pas de dépôts de bilan, mais d'impossibilité temporaire d'honorer ses créances. » Afin d'assister les vignerons en mauvaise passe, la préfecture du Rhône a ouvert à la demande de la filière un guichet unique. Les dossiers retenus bénéficieraient d'exonérations d'impôts fonciers et de reports de cotisations, voire d'inscription au Revenu de Solidarité Active.

« Tout en étant réaliste sur les difficultés de certaines exploitations, je reste optimiste pour l'avenir » ajoute Jean Bourjade. « Un certain nombre de ces domaines devraient s'en sortir. Il ne faut pas se laisser aller au catastrophisme. Nous sommes passés d'un problème structurel (qui était quasiment résorbé) à une année particulière, aux enjeux conjoncturels. »

 

 

[Illustration : Lucinda Rossat], pour en savoir plus cliquer ici]

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