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Conjoncture mondiale

Pas de vrai risque de pénurie selon le directeur de l'OIV

Mercredi 31 octobre 2012 par Egmont Labadie

Conjoncture mondiale : pas de vrai risque de pénurie selon le directeur de l'OIV

Pour l'Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV), la diminution du vignoble mondial, en cours depuis 2003 (7,9 millions d'hectares à l'époque) , se poursuit en 2012 pour atteindre un total d'environ 7,6 Mha, à un rythme cependant moins soutenu que les années précédentes, qui avaient vu la disparition de 40 à 45 000 ha de vignes par an. En Europe, on arrive à la fin d'une campagne d'arrachages financés de 175 000 ha, qui auraient été complété par 95 000 ha non financés. Sur les autres continents, la Chine ralentit sa croissance ; l'Australie est en cours d'arrachage de 12 000 ha ; l'Argentine diminue l'estimation de sa surface grâce à un calcul plus précis mais replante en même temps 2000 ha ; le Chili poursuit sa croissance ; la Turquie et l' Afrique du Sud sont en érosion.

La production, avec environ 248 Mhl, serait en dessous du niveau de 1995, et proche du niveau du milieu des années 70, à ceci près, comme le rappelle Federico Castellucci, directeur général de l'OIV (photo), qu' « à l'époque l'UE consacrait des crédits très importants à l'élimination de 20 Mhl de surplus par an !». Par pays, la France et l'Italie sont à peu près au même niveau, entre 40 et 41 Mhl, l'Espagne vers 32, soit un total inférieur pour ces trois pays à 120 Mhl, alors qu'ils produisaient environ 140 Mhl il y a 15 ans. Le quatrième producteur est les Etats-Unis, avec 21 Mhl (+7%), qui précède le groupe des quatre derniers pays au-dessus de 10 Mhl : Argentine (forte baisse à -24%), Australie, Chili, Afrique du Sud (hausse uniforme de 4%). Pour les autres pays, tous les Européens sont en baisse, sauf la Grèce (+15%) et le Portugal (+4%) ; la Nouvelle-Zélande perd 17% par rapport à 2011, mais c'est plutôt un retour à des chiffres normaux (moins de 2 Mhl). Au total, l'UE à 27 perd 6% de production, mais c'est aussi la perte moyenne de l'ensemble des pays membres de l'OIV.

Quant on compare à la récolte 2007, en quatre ans, l'Italie, qui a vu la taille moyenne de ses exploitations passer de 0,7 à 1,2 ha, a certes subi une baisse de production, mais inférieure à la baisse mondiale ; en définitive elle représente aujourd'hui un pourcentage plus important du total mondial ! C'est aussi le cas de l'Australie, de l'Afrique du Sud, du Chili et de la Nouvelle-Zélande.

Du côté de la consommation, on prévoit une stabilité entre 236 et 250 Mhl. Dans le pire des scénarios, déduction faite des utilisations industrielles, il pourrait manquer entre 5 et 6 Mhl pour faire l'équilibre du marché. F.Castellucci estime cependant que, même s'il n'existe aucune statistique synthétique sur le sujet, l'état des réserves mondiales permettra de compenser cet écart. Le directeur général précise également que dans la consommation mondiale de vin, la part des marchés émergents (autres que les pays traditionnels dits « mûrs ») est passée de 38 à 45% en 11 ans (2001-2012).

 

Photo : OIV, 2012

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