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Les Vignerons Franciliens demandent une IGP et la réglementation pour les vignerons amateurs

Mercredi 03 octobre 2012 par Alexandre Abellan

Les Vignerons Franciliens demandent une IGP et la réglementation pour les vignerons amateurs

Le 16 juillet 2012, la Confédération Française des Vins de Pays (CFVDP) invitait le syndicat des Vignerons Franciliens Réunis (VFR) à déposer un dossier d’Indication Géographique Protégée pour les vins de l’Île de-France. « Sa rédaction est actuellement en cours de finalisation, nous suivons le cahier des charges national type établi par la CFVDP* » précise Patrice Bersac (co-fondateur de VFR en 2000 et président du syndicat depuis 2008). « Le premier octobre, les VFR nous avons envoyé une lettre au ministre de l’agriculture demandant la création d’un bassin viticole, soit pour la seule Île-de-France, ou pour le quart nord-ouest de la France ou le rattachement au bassin du Val de Loire. Nous demandons ensuite la création de l’IGP Paris Île-de-France, ce qui suppose un cahier des charges et la reconnaissance d’un Organisme de Défense et de Gestion. En 2011 les statuts de VFR ont été revus afin de pouvoir assurer un rôle d’ODG. Le territoire IGP concerné est l’Île-de-France actuelle, le vignoble francilien ayant été le premier vignoble français pendant des siècles : 42 000 hectares au XVIIIème siècle ! »


Travaillant à la renaissance de ce vignoble historique, les VFR peaufinent encore leur cahier des charges, notamment en ce qui concerne l’encépagement (expertisé par l’Institut Français de la Vigne et du Vin). Une telle IGP bénéficierait d’abord au vignoble de la ville de Suresnes (Hauts-de-Seine). Le Clos du Pas Saint-Maurice est le seul vignoble professionnel de l’Île de France, avec 5 000 pieds de chardonnay et de sauvignon blanc actuellement vendangés. Une petite dizaine de projets professionnels franciliens serait à l'étude.

Patrice Bersac ajoute que ces vignes professionnelles répondent à la demande des consommateurs pour des vins originaux et de proximité, et que cela pourrait créer une émulation auprès des vignerons amateurs fédérés par les VFR. « Si nous comptons une cinquantaines de cotisations de vignerons amateurs, nous avons en réalité plus de 200 personnes intéressées par notre soutien dans toute la France, ainsi qu’en Suisse et en Belgique ». Patrice Bersac ne se reconnaît d'ailleurs pas dans la terminologie de vignerons amateurs. Il préfère parler de « vignerons patrimoniaux, car nous n’avons pas d’autre vocation que de participer à notre échelle modeste à l’entretien du patrimoine viticole français ».

Les VFR soutiennent techniquement et surtout réglementairement ces vignerons, « la réglementation française néglige les viticulteurs amateurs, contrairement à la Suisse qui a réglé cette question. Depuis 2004, nous n'avons qu'un arrêté qui reconnaît à titre expérimental ces vignes, pour la sauvegarde du patrimoine et de la biodiversité. Mais c’est très insuffisant et artificiel. Depuis une dizaine d'années nous ne demandons que quelques heures à l'administration française pour régler cette question, avec un trop faible résultat jusqu'à présent... »

 

* : validé par l’Institut National de l’Origine et de la Qualité en 2011.

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