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Viticulture biologique : effets d'une conversion sur la qualité des sols

Par Alexandre abellan Le 04 juin 2012
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Viticulture biologique : effets d'une conversion sur la qualité des sols
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« Quelle est l’influence des pratiques culturales sur la qualité des sols viticoles ? » Telle était la problématique de la thèse de doctorat de Patrice Coll, réalisée au sein de l’Unité Mixte de Recherche Eco&Sols (Ecologie Fonctionnelle, Biogéochimie des Sols et Agro-écosystèmes de Montpellier SupAgro). Soutenue en décembre dernier, sa thèse se penchait principalement sur la caractérisation d'indicateurs de la qualité des sols. Elle traitait dans ce cadre des effets pédologique de la conversion d’un vignoble conventionnel vers la viticulture biologique sur des indicateurs physiques, chimiques et biologiques.

Pour se faire, une vaste étude de terrain a été réalisée sur 24 parcelles de la commune de Cruscades dans l'Aude. Patrice Coll tient à préciser que « les résultats obtenus ne sont pas généralisables, ils permettent seulement de conclure sur les effets de certaines pratiques viticoles biologiques dans une zone donnée ». Les parcelles étudiées étaient soit conduites en viticulture conventionnelles, soit converties à la viticulture biologique (depuis 7, 11 et 17 ans). Dans le cadre de son étude, Patrice Coll définissait la conversion à la viticulture biologique comme étant la substitution de fertilisants minéraux par des matières organiques exogènes, ainsi que par la gestion du sol et de la protection phytosanitaire.

De nombreux prélèvements ont été réalisés, comme les échantillonages de vers de terre. Les résultats obtenus sont nettement discriminants entre les différentes modalités, notamment en ce qui concerne les teneurs en carbone organique total, azote total et potassium disponible, ainsi que la densité des nématodes... La qualité des sols viticoles se stabilise globalement après 7‐11 ans de pratiques biologiques. En comparant plus spécifiquement les parcelles en bio depuis 17 ans aux parcelles en conventionnel, on trouve une importante augmentation de la matière organique (+32 %), de la biomasse microbienne (+34 %), de la densité des nématodes non nuisibles à la vigne (+35 % pour les bactérivores et +97 % pour les fongivores).

Cependant, si l'on trouve de plus nombreux nématodes dans les sols convertis depuis longtemps en agriculture biologique, la diversité taxonomique et la longueur de la chaîne trophique du sol demeurent inchangées. De plus, la conversion à la viticulture biologique entraîne une diminution importante des vers de terre endogés (-65 %). Ces vers de taille moyenne vivent jusqu'à 20 centimètres de profondeur. Un travail du sol plus profond et plus fréquent expliquerait ces effets négatifs sur le fonctionnement biologique des sols (la compaction des sols et la hausse des teneurs en cuivre seraient également à prendre en compte). Pour Patrice Coll,  17 ans de viticulture biologique ne conduit pas à une amélioration nette de la qualité globale du sol.

Transversale, sa thèse comportait également une enquête sociologique auprès de 29 vignerons, afin de connaître leur définition de la qualité des sols. 4 perceptions du sol ont été mises à jour : l'outil de production, le réservoir aux propriétés physico-chimiques, le système vivant à protéger et la composante du terroir. Il est à noter que le type de pratiques viticoles n’influe pas sur la perception que le viticulteur a de son sol.

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