LE FIL

Muscadet

Vers une récolte en ligne avec la commercialisation

Jeudi 06 octobre 2011 par Vitisphere

Muscadet : vers une récolte en ligne avec la commercialisation

La récolte de Muscadet baisse. Les récents arrachages sont en cause, explique Frédéric Macé, directeur de l'Union des Producteurs du Gros Plant du Pays Nantais et du Syndicat de défense de l'AOC Muscadet : "Pour la récolte 2010, 10 800 ha ont été revendiqués pour 559 000 hl récoltés. En 2011, avec les arrachages du printemps dernier et un rendement à 47 Hl/Ha en sous-régionales et 57 Hl/Ha en Muscadet AC, sans réserve cette année, notre potentiel de récolte prévisible sur 9 000 ha en production est de 410 à 450 000 hl."

Commercialement, c'est une bonne nouvelle : depuis 2010, les affaires reprennent pour le Muscadet  (+26 % en GD de janvier à octobre 2010 et la progression s'est accélérée en 2011). Pour François Robin, Délégué Régional du Bureau des Vins de Nantes, "ce retour en force s'explique principalement par un réapprovisionnement progressif des références Muscadet en GMS - appellation de référence à forte notoriété toujours plebiscitée par les consommateurs - qui avaient été perdues depuis le gel de 2008. C'est un signe positif avec des efforts à poursuivre ; si les volumes d'entrée de gamme reprennent des parts de marché, les objectifs de la filière se concentrent actuellement à positionner l'appellation sur des segments plus valorisants en terme de prix. Un travail de fond est actuellement à l'étude pour reconsiderer globalement le positionnement de l'appellation, réactualiser la segementation en fonction du marché et adopter une nouvelle stratégie marketing et de communication en conséquence. Ce chantier intrevient au moment où les prospectives de revendication 2011-2012, grâce à la restructuration du vignoble engagée, vont s'équilibrer avec les ventes."

En effet, en 2011, la production devrait se trouver alignée avec la demande : "Bon an mal an, le potentiel de récolte sera conforme ou même un peu en dessous des prévisions de commercialisation pour la campagne à venir. Nous venons de commercialiser 410 000 hl et les opérateurs tablent sur 450 000 hl sur la prochaine campagne", précise Frédéric Macé. On est loin des 600 000 hl commercialisés chaque année avant le gel de 2008 (pour relire l'interview de Joël Forgeau, président de l’ODG Muscadet « Il nous faut des contrats avec un prix de référence basé sur le prix de revient », cliquez ici). Depuis, la restructuration du vignoble a considérablement résorbé ce potentiel et il est plus sain de rapporter la vendange aux estimations de commercialisation pour vérifier que les deux valeurs sont en équilibre...

Côté qualité, le millésime est... atypique. Comme partout. Pour Christian Gauthier, vigneron à Saint-Hilaire-de-Clisson, s'exprimant dans les colonnes de Ouest France : « les températures ont retardé la maturation des fruits. On a même atteint les 100 jours de véraison (la norme est de 86), ce qui dénote de la difficulté à mûrir des raisins par manque de soleil. » L'état sanitaire a été mis en danger par un mois d'août humide, qui a pu peser également sur les rendements : « Un peu partout, on a eu besoin de déguster les jus de raisins à plusieurs pour bien relever les avis de chacun. Un certain goût terreux s'en dégageait. Les autres années, le taux de bourbes avoisinait les 8 %. Cette année, il se situe entre 10 % et 12 %. Depuis 25 ans que je suis dans le métier, c'est vraiment l'année la plus délicate pour le vinificateur. »

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