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Incendies en Roussillon

Vignes épargnées, raisins enfumés ?

Jeudi 11 août 2011 par Alexandre Abellan

Incendies en Roussillon : vignes épargnées, raisins enfumés ?

Le mardi 9 août 2011 deux incendies se sont successivement déclarés dans les plaines du Roussillon, le premier entre Rivesaltes et Vingrau, le second entre Collioures et Port Vendres. Ces impressionnants incendies de garrigues, à l’origine indéterminée, ont été maîtrisés le jeudi, à l’aide de l’intervention de 250 hommes, 40 véhicules et 7 canadairs. Les observations actuelles estiment, que ce sont en tout 270 hectares de garrigues et de pinèdes qui sont parties en fumée. A notre connaissance, seulement quelques hectares de vignes se seraient consumées dans la zone de Rivesaltes.

Globalement le vignoble ont bien joué son rôle de coupe-feu et le déroulement des vendanges ne devraient pas pâtir de ces incendies. Si les vignerons des alentours de Perpignan pensent maintenant plus aux épisodes de grêle qui ont eu lieu vendredi dernier, on peut également leur conseiller de bien surveiller les critères organoleptiques de leurs baies. Propriétaire du Domaines des Chênes (Vingrau) et professeur d’œnologie émérite à Montpellier SupAgro, Alain Razungles a constaté que « la Tramontane a dirigé toute la fumée vers le nord de la plaine du Roussillon, en direction de Perpignan et des Corbières. Des domaines ont été partiellement enfumés pendant toute l’après-midi. Il est trop tôt pour savoir si cela aura un effet sur les raisins, comme cela a pu arriver en Australie. »

Des incendies dévastateurs ont régulièrement eu lieu dans les vignobles australiens, (février 2003 dans l’état des New South Wales, janvier 2009 dans l’état de Victoria...). Ils ont pour effet de donner un goût prononcé de fumé/toasté/cigarette aux vins produits à proximité de ces feux. Ces arômes ne sont généralement pas considérés comme étant des défauts (dans le vin il peut y avoir du fumé sans feux), mais le côté empyreumatique est trop prononcé dans ce cas. D’après les recherches de l’Australian Wine Research Institute, le gaïacol (composé aromatique produit par la combustion de lignine) serait la molécule responsable de ces déviations organoleptiques majeures. Tous les cépages ne sont pas aussi susceptibles d’être contaminés par ces molécules, la syrah l’étant moins que le cabernet sauvignon ou le sangiovese. Aujourd’hui, les seules remèdes efficaces pour résoudre cette contamination préjudiciable sont une osmose inverse ou une adsorption en phase solide.

 

[Photo : bushfire à proximité d’un vignoble de Perth, Australie, le 8 février 2011. Metro.co.uk,]

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