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Avis d'Expert : l'exceptionnelle promesse-produit des Vins Doux Naturels

Par Vitisphere Le 20 septembre 2010
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Avis d'Expert : l'exceptionnelle promesse-produit des Vins Doux Naturels
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résents dans le Languedoc et les Côtes du Rhône, les Vins Doux Naturels sont un pilier de la viticulture du Roussillon, où leur marché représentait 700 000 hl dans les années 1950 et n’a cessé de s’étioler pour s’établir à 250 000 hl au cours de la campagne 2009-2010 : 125 000 hl en Muscat de Rivesaltes, 100 000 hl en Rivesaltes et 25 000 hl en Maury tout comme en Banyuls. « Le déclin industriel français des années 50 a été fatal pour nos vins doux naturels qui étaient essentiellement consommés par les ouvriers des bassins industriels du Nord et de l’Ouest. Le Rivesaltes était leur apéritif attitré, ils pouvaient en consommer jusqu’à trois à quatre bouteille par semaine », rappelle Gérard Sanson, directeur du CIVR.

Or Rivesaltes se cherche de nouveaux débouchés, une nouvelle image. A part en Muscat de Rivesaltes, où on peut parler de situation de pénurie avec un marché potentiel de 140 000 hl, une récolte 2010 estimée à 125 000 hl et pas ou peu de stocks pour le cours parmi les plus rémunérateurs du département (210 € /hl).
La situation est toute autre pour l'appellation Rivesaltes, minée par le succès des petits prix de l'appellation Grand Roussilllon, qui a servi jusqu'au début 2008 de repli aux excédents de VDN. La suppression de Grand Roussillon début 2008 n'a pas été suivie par le marché, qui ne s'est pas reportée sur l'appellation Rivesaltes. « Ces vins étaient payés 99€/hl, un cours qui n’était pas rémunérateur pour les producteurs », précise Fabrice Rieu, le président du CIVR, « Nous sommes passés d’un volume de 140 000 hl à 105 000 hl. Et la meilleure valorisation de ce volume (132 €/hl) ne compense pas totalement la perte de volume. Nous avons perdu environ 2M€ de chiffre d’affaires ». L’interprofession s’est fixée comme objectif de porter à 120 000 hl les volumes commercialisés d’ici 2 ans, grâce à une diversification de l’offre avec :
- Un Rivesaltes rosé  : en expérimentation dès cette campagne, il s'inspire du succès du rosé, qui ne se dément pas en sec comme en effervescent ; le récent succès du Pink Porto de Porto Cruz qui, dès la première année, a vendu 400 000 cols dans la GD française témoigne de cet engouement pour le rosé sous toutes ses formes. Selon Gérard Sanson, le marché potentiel en Rivesaltes rosé serait de 5 000 hl.
- Un Rivesaltes bio : « Le département des Pyrénées Orientales est l’un des mieux armés pour faire du bio. Jusqu’ici, nous ne l’avons pas exploité dans les vins doux. Mais là encore, la distribution le réclame. Plusieurs producteurs sont d’ores et déjà en conversion, c’est un produit qui devrait apparaître d’ici l’an prochain dans les linéaires», explique Gérard Sanson.
- Le Rivesaltes Grenat : un produit élaboré en milieu réducteur, à consommer jeune pour apprécier les arômes fruités. Jusqu’ici diffusé de façon locale et assez confidentielle (1 500 hl), le Grenat fait cette année l'objet d'une campagne de promotion nationale en direction des cavistes et sommeliers. « C’est un produit qu’il faut faire découvrir. Nous avons besoin de l’appui de prescripteurs comme les cavistes, qui peuvent expliquer ce produit et éclairer les consommateurs sur les moments de consommation et avec quoi apprécier le produit », indique Gérard Sanson.
- Un Rivesaltes 10 ans d’âge : au contraire du Grenat, le Rivesaltes 10 ans d'âge se propose de mettre l'accent sur les arômes de rancio des vieux grenaches élevés en milieu oxydatifs. Le CIVR vient de réaliser une étude consommateurs sur la mise en place d’un segment haut de gamme pour le Rivesaltes. Un test auprès de 400 consommateurs, avec dégustation à l’aveugle d’un Rivesaltes classique en comparaison avec un Rivesaltes de plus de 5 ans d’âge, a mis en évidence un vif intérêt des consommateurs pour les vieux Rivesaltes. L’étude conclut que le consommateur apprécie ce type de produit aux arômes plus rancio et serait prêt à payer 8 à 12 € la bouteille sans pour autant renoncer à ses achats de Rivesaltes classique. Il faudra toutefois reconcer à la mention "hors d'âge", perçue comme vieillotte et obsolète.
Fort de ces éléments, le CIVR réunira début septembre les responsables marketings des principaux opérateurs du marché des VDN pour étudier le lancement d’un Rivesaltes 10 ans d’âge sur le marché français.
Poussant encore plus loin la logique, le CIVR a réalisé un inventaire de tous les vieux VDN encore disponibles en cave, pour constituer un référentiel des "Trésors du Roussillon". « Nous avons 60 000 hl de VDN de plus de 5 ans d’âge en cave », assure Gérard Sanson. « Nous avons recensé 200 références de produits parmi nos quatre appellations : Muscat de Rivesaltes, Rivesaltes, Maury et Banyuls. Nous disposons de tous les millésimes depuis 1910. Ces perles rares peuvent devenir des produits événementiels : un VDN millésimé de l’année d’une naissance est un cadeau d’anniversaire original. Et il n’y a aucun souci qualitatif, même sur les très vieux millésimes. Le vin évolue, change d’expression mais ne meurt jamais ». Cette « promesse produit » est rare, à une époque où la durée de vie des produits tend au contraire à se réduire.

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