Accueil / Politique / Natamycine dans les vins : l'Argentine dans la tourmente

Natamycine dans les vins : l'Argentine dans la tourmente

Par Vitisphere Le 02 février 2010
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Natamycine dans les vins : l'Argentine dans la tourmente
L

e 14 janvier dernier, les autorités allemandes ont retiré de la vente huit vins argentins qui contenaient de la natamycine (aussi appelée pyramycine). La natamycine est un antibiotique couramment utilisée dans la fabrication de fromages et de charcuterie, mais dont l’usage est interdit dans le vin. Des précédents contrôles des autorités sanitaires allemandes réalisés en novembre 2009 avaient déjà révélé la présence de cette substance dans certains argentins. Les Allemands ont donc poursuivi leurs investigations et contrôlés 237 vins allemands et importés de pays producteurs comme l’Espagne, le Chili, l’Afrique du Sud, le Mexique et les Etats-Unis. Seuls certains vins argentins contenaient des teneurs quantifiables en natamycine. Huit vins (1) ont donc été retirés de la vente représentant un volume de 120 000 bouteilles. Les résidus de natamycine retrouvés lors de ces contrôles ne présentent aucun danger pour la santé, mais l’utilisation de cet antibiotique étant interdit dans le vin, les vins qui en contiennent sont illicites.
Cette affaire secoue le milieu viticole argentin jetant le discrédit sur l’ensemble de la filière. Wines of Argentina, l’organisme de promotion des vins argentins, a confié au laboratoire français Excell une étude sur la teneur en natamycine d’un large échantillonnage de vins du monde entier, incluant 500 échantillons de vins argentins. Les contrôles révélé la présence de quantités dosables de natamycine (plus de 5 microgrammes/l) dans un vin espagnol et un vin italien ; les vins sud-africains, néo-zélandais et français positifs ne contenaient que des traces (entre 2 et 5 microgrammes/l).

L’étude montre surtout que la présence de natamycine est beaucoup plus fréquente dans les vins argentins puisque 50% des échantillons contrôlés en contiennent. Mais les teneurs qui ont été trouvées sont dans la plupart des cas très faibles : 87% des vins analysés affichent des teneurs inférieures à 100 microgrammes par litre et 68% en contiennent moins de 20 microgrammes par litre. « Ces teneurs excluent l’addition de natamycine directement dans le vin. Elles peuvent découler soit d’un assemblage avec un vin qui a été traité, soit d’une contamination accidentelle », affirme Pascal Chatonnet, directeur du Laboratoire Excell. Si en Argentine la natamycine n’est pas un additif autorisé pour les vins, l’INV (Institut national de la viticulture) l’a en revanche autorisé comme produit décontaminant pour le matériel de cave ce qui pourrait expliquer certaines contaminations. Mais d’autres sources accidentelles de contamination sont en cours d’investigation par Excell qui pourraient induire des teneurs jusqu’à 400 microgrammes par litre. Les résultats devraient être annoncés dans les prochaines semaines.
Cette affaire rejaillit sur l’ensemble de la filière viticole mondiale. Certains importateurs commencent à réclamer à leurs fournisseurs français des analyses sur la teneur en natamycine des vins qu’ils achètent.

(1) Les vins argentins dans lesquels les autorités allemandes ont, à ce jour, décelé de la natamycine : Villa Paola 2008, San Rafael, Mendoza 2008, LOT 01/2009 et de la même bodega Villa Atuel 2008 San Rafael, Mendoza Syrah Merlot, LOT WT1377j; Marañón 2009 Malbec, Mendoza, LOT 9289-0D72; Cruz desl Indio 2007 Malbec lieblich, Anelo Neuquen Patagonia, LOT L-9168; Cruz del Indio 2007 Malbec sec, Anelo Neuquen Patagonia, LOT L-9139; (1) Santa Julia 2008, Mendoza, Cabernet Sauvignon, LOT L09-184-09; FuZion 2008 Mendoza Tempranillo-Malbec, LOT L09-198-21; Santa Andrea 2008, Mendoza, Malbec-Cabernet Sauvignon, LOT L-56659.

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé