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Lourd bilan pour les orages de grêle en Gironde et en Charente

Jeudi 14 mai 2009 par Vitisphere


Le Sud-Ouest de la France a été balayé entre le 11 et le 13 mai par des orages d'une violence inouïe, qui ont déversé des grêlons parfois gros comme des balles de ping pong sur les cultures et les habitations. Les vignobles sont très durement touchés en Gironde, en Charente et dans les Landes.

Christophe Véral, président de la Fédération des viticulteurs producteurs de Cognac, a commenté son tour d'inspection des dégâts dans le quotidien Sud-Ouest : « C'est tombé à Rouillac, Vaux-Rouillac, Mérignac, Fleurac, Foussignac jusqu'à Jarnac. La viticulture va devoir faire preuve de solidarité. Les premiers et les deuxièmes boutons sont touchés. Ce qui veut dire qu'il n'y aura pas de récolte en 2009, ni en 2010. » Malgré l'utilisation des canons anti-grêle, à noyaux d'iodure d'argent, les dégâts sont considérables. Les syndicats viticoles et la Chambre d'agriculture de la Charente ont recensé 1 500 hectares de vignes abîmés, avec des pertes situées entre 60 et 100 % de la production selon les propriétés.

L'Entre-Deux-Mers, épargné le lundi, a connu à son tour la grêle dans les orages de mardi, qui ont dévasté les appellations Entre-Deux-Mers, Côtes de Castillon, Saint-Emilion, Côtes de Bordeaux et Graves. «Certains secteurs comme celui de la commune des Portets ont été touchés à deux reprises. Cela représente pour les viticulteurs concernés de 30 % à 40 % de perte», indique Jean-Louis Vivière, directeur du syndicat de Graves, au sud de Bordeaux. Un bilan global et plus précis reste à faire, mais à Saint-Emilion, le Conseil des Vins estime que 4000 des 5500 hectares de l'appellation ont été touchés à des degrés divers mais souvent très élevés, jusqu'à 100 %. Pomerol a été miraculeusement épargné.

« Plusieurs milliers d'hectares sont touchés et plusieurs entreprises, non des moindres, se trouvent fragilisées », a déclaré Bernard Farges, président du Syndicat des Bordeaux.

Alors que la crise vide les carnets de commande, les vignerons sinistrés ont exprimé leur désarroi devant des pertes parfois catastrophiques face auxquelles ils n'ont le plus souvent pas de recours. La couverture du risque grêle a atteint des tarifs prohibitifs qui ont dissuadé la quasi-totalité des vignerons de souscrire. Au vu des dégâts, on gage que les assureurs ne baisseront pas leurs tarifs de sitôt. Certains vignerons ont vite repris le chemin des vignes pour traiter et sauver ce qui peut l'être, tout en priant à un temps sec pour les prochains jours et semaines. Et la solidarité s'organise. On peut notamment citer l'initiative de Jean-Yves Béchet (Chateau Fougas), en Côtes de Bourg (pour lire notre brève, cliquez ici).


[ Source : Sud-Ouest ; Le Figaro ]

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