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3 questions à Christian Paly, président d'Interrhône : "20 % des vins d'AOC du Rhône sont des premiers prix, un segment qui représente 35 % de la consommation mondiale"

Par Vitisphere Le 10 mars 2009
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3 questions à Christian Paly, président d'Interrhône : "20 % des vins d'AOC du Rhône sont des premiers prix, un segment qui représente 35 % de la consommation mondiale"
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ù en sont les réflexions sur la segmentation dans la vallée du Rhône ?
Les Côtes du Rhône villages ont très bien profité des dernières foires aux vins, avec une progression en volume de 2% et en valeur de 3,9%. Ce sont des produits accessibles, les gens les achètent pour les essayer, ce sont des produits découvertes.
Mais dans les AOC du Rhône, il y a aussi 20% de premiers prix sur lesquels les coûts de production ne sont pas bien couverts. Ce segment constitue cependant 35% de la consommation de vin dans le monde. Devons-nous l’abandonner ? C’est la réflexion que mène actuellement un groupe de travail, experts, importateurs, techniciens agronomiques,parce que le débat couvre aussi la réactivité du vignoble à pouvoir s’inscrire dans une réalité agronomique plutôt qu’une autre. Si nous sommes condamnés aussi à être sur ce marché des premiers prix, quel type de segmentation doit-on mettre en place, avec quels types de conditions agronomiques et oenologiques en vue de rentabilité devons-nous mettre en place ? Pour l’instant je n’ai pas d’idées préconçues, mais je veux une orientation stratégique d’ici la fin 2009.

Dans quelle appellation les premiers prix se trouvent-ils ?
Les crus ne sont pas concernés. Le vrai problème de lisibilité est sur les appellations régionales, Luberon, Ventoux et Côtes du Rhône. Vous y trouvez des bouteilles à 1,5 euro, d’autres à 6, 7, 8 euros…Non seulement c’est un problème de positionnement, mais par rapport aux conditions de production, les producteurs ne sont pas capables de rentabiliser les prix : pour assumer les premiers prix, il faut être à moins de 90 euros/hectolitre. Vous faites les calculs, avec 45 ou 50 hl/ha, vous ne gagnez pas votre vie. Il faut redéfinir les modèles, surtout quand on a des entreprises qui sont très mal parce qu’on sort de quatre années de crise, que là-dessus se greffe une crise économique internationale, et en plus une très faible récolte : en année normale on a 1,8 million d’hl, cette année 1,45. Même les plus pessimistes ne l’imaginaient pas…

Quels choix vont alors faire les différentes AOC : AOP ou IGP ?
Nos appellations vont intégrer le monde de l’AOP, quant aux vins de pays ils passeront en IGP s'ils en font le choix. Pour les appellations régionales, comme les Côtes du Rhône sans village, je ne pense qu’elles doivent aller jusqu’à passer en IGP, parce que je considère aujourd’hui que ce qui est en appellation d’origine doit y rester, mais je n’ai pas encore de conclusion définitive.
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