Accueil / Commerce/Gestion / Management : en finir avec la procrastination

Management : en finir avec la procrastination

Par Vitisphere Le 27 octobre 2008
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Management : en finir avec la procrastination
C

Connaissez-vous la procrastination ? Derrière ce terme barbare se cache l'habitude pathologique de remettre systématiquement à plus tard ce que l'on devrait faire tout de suite. Il suffit d'un dicton pour combattre cette regrettable tendance, source de stress et fauteuse de trouble au sein des organisations les plus efficaces : "Ne reporte pas à demain ce que tu peux faire le jour même." La solution est simple, universelle, bien connue de tous. Or les causes de la procrastination sont multiples et méritent que l'on s'y attarde.

Pourquoi remet-on à plus tard ?
Le plus souvent par peur
et plus précisément par peur de ne pas être à la hauteur. La procrastination apparaît ainsi chez des sujets doués, qui n'ont habituellement pas besoin de fournir un effort pour réussir et qui, lorsqu'il s'en présente un, préfèrent ne rien faire pour le surmonter plutôt que de risquer d'échouer ; ils se condamnent ainsi eux-mêmes à l'échec en bout de course. Les perfectionnistes peuvent également s'adonner à la procrastination par angoisse de ne pas atteindre les objectifs démesurés qu'ils s'imposent en dépit du bon sens. Plus largement, la même peur de l'échec peut paralyser tous les étudiants, entrepreneurs ou salariés qui n'ont pas confiance en eux et les pousser dans une spirale d'échec à force de remettre à plus tard.
Lorsqu'il s'agit de vaincre sa peur pour trouver la motivation de faire les choses ici et maintenant, il importe de se donner des objectifs réalisables, à des échéances raisonnables. Ainsi découpée, la tâche n'apparaîtra plus comme insurmontable, l'atteinte des objectifs petit à petit vous permet de consolider votre confiance en vous. En outre, un objectif qui vous motive moins peut être atteint en pensant au suivant, beaucoup plus intéressant pour vous... Dans la réalisation de ces objectifs, le travail en équipe peut être un excellent facteur de responsabilisation : face aux questions de confiance en vous, vous n'êtes pas forcément votre meilleur évaluateur, mieux vaut donc parfois fixer des objectifs collectivement et assurer leur suivi de concert, dans un sain état d'esprit d'émulation.

La procrastination peut également être le symptôme d'un comportement passif-agressif qui relève du refus de l'autorité ou d'un malaise dans l'organisation. On ne dit pas non aux ordres d'un supérieur dont on ne reconnait pas la légitimité ou la compétence, on ne refuse pas ouvertement d'effectuer une tâche dont on estime qu'elle n'entre pas dans nos attributions : au contraire, on accepte le travail. Mais on ne le fait pas, en le remettant sans cesse à plus tard. On a le plus souvent l'espoir que la tâche abhorrée échouera à quelqu'un d'autre dans le processus...
Les pesanteurs de fonctionnement des grosses organisations, les questions délicates de validation par le(s) supérieur(s) ou de disponibilité de l'information fournissent des excuses très objectives aux procrastinateurs et font des grandes entreprises et des administrations le lieu d'expression par excellence de ces comportements. Ils sont la source d'actes manqués particulièrement éloquents dont les auteurs peinent cependant à trouver le sens (le dossier qui pèse tant est curieusement celui qui se retrouve oublié dans le coffre de la voiture restée au domicile, qui passe au broyeur par erreur ou qui est régulièrement arrosé de café brûlant...).
Il importe de rétablir le dialogue avec sa hiérarchie pour remédier au problème à la source. Vous ne pouvez attendre de vos supérieurs qu'ils justifient la légitimité de toutes les tâches qu'ils vous confient. En revanche, vous pouvez, en évoquant activement la chose avec eux, sur un mode dénué de rancoeur ou d'agressivité, replacer la tâche confiée dans son contexte global, la considérer selon sa place dans l'échelle des priorités de l'entreprise et la rendre ainsi, sinon plus intéressante, du moins nécessaire à l'aboutissement d'un projet plus vaste qui vous concerne sans discussion.  

Qu'il s'agisse de peur ou de colère, les émotions qui favorisent la procrastination ont de toute façon une place contestable dans l'environnement de travail. On les rationalisera donc au maximum, ce qui est une manière d'assainir un contexte professionnel. Une bonne gestion du temps, y compris de vos cycles chronobiologiques (travaillez-vous mieux le matin ou le soir?), un environnement de travail agréable, ergonomique, en équipe pour favoriser l'émulation et relativiser les petits tracas... tous ces éléments épars favorisent votre concentration et vous empêchent de décrocher.
Sachez reconnaître vos comportements d'évitement (fatigue subite et besoin d'une sieste immédiate, petite faim, jeux en tout genre, report de la responsabilité du retard sur un correspondant absent / un manque d'information pendant qu'on déplace le dossier en bas de la pile... ) pour mieux les contrer au quotidien. Pour cela, appuyez-vous sur vos collaborateurs afin que leur regard soit votre aiguillon. Gardez également en tête la satisfaction que vous retirez de votre travail : une tâche fastidieuse se fait vite et bien pour passer à autre chose. Cette bonne parole vous permet au moins de vous souvenir que vous pourrez passer à autre chose ensuite et que le plus vite sera le mieux! 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé