Accueil / / Etats-Unis : Tulocay contre Coombsville, les appellations géographiques américaines en question

Etats-Unis : Tulocay contre Coombsville, les appellations géographiques américaines en question

Par Vitisphere Le 02 juillet 2008
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Etats-Unis : Tulocay contre Coombsville, les appellations géographiques américaines en question
L


L'Alcohol and Tobacco Tax and Trade Bureau (ATTTB) a refusé le 19 juin dernier de valider des étiquettes de vins mentionnant l'origine géographique d'un vin de la Napa Valley et plus précisément du district attenant à la localité de Coombsville, que les producteurs ont préféré baptiser Tulocay. Une pétition avait déjà été adressée en 2006 au gouvernement pour défendre l'existence de cette sub-division au sein de la Napa Valley, dont la légitimité est liée à une carte du district datant de 1859, sur laquelle figure un "Tulocay Rancho". Mais l'administration fiscale américaine ne l'a pas entendu de cette oreille et a fait savoir aux partisans de la sub-appellation Tulocay qu'ils n'avaient pas fait la preuve de la pertinence géographique et historique de ce nom. "Oui mais Coombsville, ça sonne "trou perdu dans l'Arkansas", on ne pense pas à un beau vignoble californien quand on entend "Coombsville" et on n'a pas forcément envie d'acheter 125 $ une bouteille de Cabernet Sauvignon produite dans un lieu qui s'appelle "Coombsville", répliquent les partisans de Tulocay.

Les appellations vinicoles américaines se multiplient et se sub-divisent depuis 1980 ; l'appellation géographique Napa Valley a été créée en 1981. 85 % des raisins utilisés doivent venir de la zone géographique identifiée pour que le vin puisse porter l'appellation. Il en existe 167 aujourd'hui, dont 14 sont des sub-divisions au sein de la Napa Valley.

L'analyse de Vitisphere :
Les vins américains d'appellation géographique représentent un marché de 30 milliards de dollars par an, notamment grâce à ce pedigree qui leur permet d'adopter un prix premium. Très bien valorisés, ils répondent à une demande réelle qui correspond à trois éléments essentiels de l'évolution de la demande du consommateur du Nouveau Monde :
 - le besoin, pour le consommateur de vin haut de gamme, d'identifier avec le plus de précision possible, l'origine de son vin, son histoire et ses anecdotes. 
 - le sentiment que plus une appellation est petite et précise, plus on pourra escompter un travail de qualité du vigneron qui en défend l'originalité.
 - la volonté partagée des consommateurs et des producteurs du Nouveau Monde de s'approprier la notion de "terroir", jusqu'ici réservée à la Vieille Europe et, bien évidemment, à la France. Pour les producteurs, c'est un enjeu capital de valorisation de la production.

Ce constat n'est pas sans rappeler les propos de Brice Faravel, chef de projet au service Vins et Spiritueux d'Ubifrance : "On a pris le train des vins de cépage avec un TGV de retard, voire deux. Ces vins de Pays se sont retrouvés sur le terrain de la concurrence mondiale, face à des vins produits à des coûts moindres, mieux marketés, mieux vendus, avec des budgets de recherche et de promotion qu'ils ne pouvaient pas affronter. On a jeté un peu trop vite l'AOC par la fenêtre. Aujourd'hui les Américains, les Australiens identifient des zones de productions, des terroirs et nous nous retrouvons à contre-courant à force de prendre du retard." Pour relire ces propos dans leur contexte, retrouvez notre dossier : Crise Viticole, l'après 25 juin 2008.

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé