LE FIL

Robert Gentié

"Arrêtons de diaboliser le vin !"

Mardi 16 novembre 2004 par Vitisphere

Le puissant lobby des eaux minérales est bien soutenu par les illuminés de «l'alcool poison» ! Le ministère de la santé vient de consacrer 6 ME à une publicité TV ciblée uniquement contre le vin. Cette campagne publicitaire est d'autant plus dommageable que, dans le temps ou la consommation de vin diminue, celle des alcools augmente. Les têtes pensantes de notre ministère avaient oublié la «classe caviar» qui de vodka en whisky, de réception en réception, en a toujours un verre à la main. N'en déplaise à notre ministre de la santé, le vin fait partie de notre civilisation, de notre culture. L'étude "Vin et Santé" (site officiel http://www.vinetsante.com/accueil.php3 ), le "French Paradox" et toutes les études faites sur le sujet, prouvent qu'une consommation modérée de vin est un facteur de cette bonne santé. L'allongement de la vie, en France, porte sur une génération qui a été consommatrice de vin. Cela dément la dangerosité de sa consommation normale, et le classe parmi les aliments. Pasteur citait le vin comme «la plus saine et la plus hygiénique des boissons». Une grande partie du Corps Médical admet qu'une petite consommation journalière d'alcool contribue, par une dilatation des vaisseaux sanguins, à leur garder une élasticité qui éviterait les risques d'accidents cardiovasculaires. D'éminents cardiologues insistent sur cet aspect, à la condition que cet alcool soit absorbé, sans abus, sous forme de vin. Les tanins et autres composants du vin rouge dégraderaient les graisses absorbées au travers des aliments «ramonant» ainsi les veines et artères. Il est, pour le moins regrettable, que cette partie du Corps Médical ne puisse pas s'exprimer en raison de la loi Evin, alors qu'une minorité proche de la paranoïa anti-vin essaie de convaincre l'opinion que ce breuvage naturel est mauvais pour la santé parce qu'il contient de l'alcool. Ils auraient raison s'il n'était pas consommé avec modération. L'excès, en tout, est dangereux. Le vin n'échappe pas à cette règle. La communication sur ce noble produit de nos terroirs ne doit pas être entravée. La dégustation doit être rattachée à un art. Il est navrant de rencontrer, parmi les jeunes générations, des éléments brillants en culture générale, capables de disserter sur la littérature, la peinture, et de les voir caler lamentablement dès que les conversations s'orientent sur le patrimoine culturel que représentent les vins de France. Pourquoi cet acharnement sur ce produit image de notre culture et de notre civilisation ? Pourquoi vouloir détruire un secteur économique au moment où il aurait besoin d'aide pour faire face à la concurrence mondiale qui, elle, ne se prive pas, de vanter les mérites du vin sur la santé dans les autres pays qui ont la sagesse de le considérer comme un aliment, et surtout où ne sévissent pas les ravages de la loir Evin.. Les avantages du vin, sur la santé humaine, doivent largement compenser, pour la Sécurité Sociale, le coût des inévitables poivrots (alcooliques pas forcément issus d'abus de vin mais aussi de bières, et d'alcools forts) qui représentent une charge financière pour cet Organisme. Ces marginaux n'ont rien à voir avec la loi Évin. Ils n'ont pas besoin de publicité pour se tourner vers l'alcool. Ils relèvent, le plus souvent de cas sociaux que nos gouvernants seraient mieux inspirés de traiter à ce niveau, plutôt que de générer des peurs de style moyenâgeux. A couper nos racines nous risquons de nous le faire reprocher un jour. Le vin doit être bu dans les proportions qui apportent un bienfait pour la santé, tout en respectant les normes de la Sécurité Routière. Cela est tout à fait compatible et ne présente aucune contradiction. En permettant de communiquer sur ces sujets, la modification de la Loi Évin ne peut être que positive. Par contre, en voulant tourner le dos à une consommation normale et raisonnée de vin, on oriente vers les cocas, les sodas, les jus à faible pourcentage de fruits, mais avec une forte proportion d\'arômes chimiques. Sucrées à l'excès, ces boissons nous préparent la grande catastrophe que représentera l'obésité dans les vingt cinq prochaines années. Il y aura, alors, à se faire du souci pour la santé des Français et pour les comptes de la Sécurité Sociale dont les fusibles sauteront ! Il n'est, pour s'en convaincre, que de voir la génération "Coca-Cola" aux U.S.A. : elle n'est pas prête de battre les records de longévité de la génération de nos centenaires, qui ont été des consommateurs de vin ! Au fait, sommes-nous certains que nos mamans n'ont pas consommé un apéritif ou un peu de vin au cours d'un repas de famille ou d'affaires ? Dans ce cas, selon le ministère de la santé, nous devrions pratiquement être tous des dégénérés, victimes d'alcoolisation fotale. Cela depuis ceux qui nous gouvernent jusqu'aux plus petites gens car, nos parents comme les leurs, qui battent pourtant les records de longévité, sont sûrement issus de familles où la maman buvait normalement au cours des repas. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas mettre en garde les femmes enceintes, des risques de l'alcoolisation du fotus, mais, de grâce, ne prenons pas des positions trop absolues. Les Anglais ont tiré, d'une façon plus nuancée, leurs recommandations en la matière. Sinon, si l'on veut arriver à l'absurde, à quand l'obligation faite aux candidats à notre représentation nationale de n'être admis sur les listes qu'avec obligation de prouver que leur mère n'a jamais bu une goutte de boisson alcoolisée durant les neuf mois précédant leur naissance ? Avant de céder à ce dangereux mouvement prohibitionniste du vin tel qu'il était consommé en famille autrefois au cours des repas, il faut savoir garder calme et raison. Les enfants avaient alors droit à quelques gouttes dans leur verre d'eau qui la rendait un peu rosée, et étaient ravis d'entrer, ainsi, dans cette civilisation des «grands». Maintenant, cédant au matraquage anti-vin et aux publicités, les Parents, en toute bonne foi, leur font boire des sodas de toutes sortes, sans être conscients de les mettre sur le sentier qui mène à l'obésité. Il est ainsi, malheureusement, à prévoir que cette nouvelle génération échappera aux records de longévité par rapport à celles qui les auront précédées. Robert Gentié, secrétaire général horaire de la Fédération Française des Syndicats de Producteurs de Plants de Vigne

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé