’un excès à l’autre. Pluvieux, cet hiver 2026 l’est trop au goût des vignerons, même dans les Pyrénées-Orientales on commence à se lasser de précipitations comme on n’en avait plus vu depuis des années. De quoi redonner du baume au cœur d’un vignoble qui se vivait en sursis après une succession de millésimes dont l’inquiétante sécheresse rabougrissait les rendements et la durée de vigne. Si les réserves hydriques se rechargent, celles bancaires restent exsangues, le coût économique du dérèglement climatique pesant quelque soit le regain de pluviométrie.
Les difficultés sont criantes ce début d’année, et sont particulièrement visibles dans les caves coopératives à court de trésoreries, où les stratégies pensées pour un avenir désiré s’empêtrent brutalement dans un présent secoué par la rapidité de la déconsommation (des emblématiques Vins Doux Naturels, des vins rouges très charpentés et alcoolisés…), de la déprise viticole (les plus anciens quittant la filière sans succession, les plus jeunes réduisant la voilure pour retrouver de la durabilité) et du changement climatique (le volume produit ne divisant plus beaucoup les charges fixes). Comment amortir les investissements quand la chute est aussi raide ?
Véritable cobaye viticole du changement climatique, le Roussillon est un violent avertissement aux décideurs et financeurs de la filière vin : l’urgence économique de la relance commerciale par la modernisation des profils produits ne doit pas occulter d’autres nécessités impérieuses : adapter techniquement le vignoble au changement climatique et calibrer économiquement les outils de production (vinification comme conditionnement). Brutal, le changement de donne ne passe pas crème catalane, la légère caramélisation pouvant virer au cramé le plus total.



