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Vendredi 22 mai 2009 - MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT

Interview de Carlos de Jesus, Directeur Marketing et Communication d'Amorim : "Depuis 200 ans le vin permet au liège de protéger des régions, des familles, des biotopes. Nous partageons cette bonne nouvelle avec ceux qui l'ont rendue possible"




Carlos de Jesus au Concours Mondial de Bruxelles 2009, Valencia, Espagne. Les ventes de bouchon de liège progressent de nouveau à l'échelle mondiale, depuis 2007. L'industrie du liège aurait-elle mangé son pain noir ? Avec les investissements dans la recherche pour faire la vie dure aux précurseurs de TCA, Amorim a remis le contrôle qualité et la fiabilité de ses produits en tête de ses arguments concurrentiels. Au coeur, le leader du bouchage naturel mise aujourd'hui sur le développement durable pour promouvoir le bouchon de liège, ressource naturelle renouvelable dont l'exploitation responsable limite, voire positive, l'impact sur l'environnement et les populations.

Sommaire

QUELLES SONT LES DERNIÈRES TENDANCES OBSERVÉES SUR LE MARCHÉ DU BOUCHAGE ?


Les ventes de bouchon de liège représentent environ 70 % du marché du bouchage à l’heure actuelle, alors qu’elles le dominaient à 95 % voici 15 ans. Ce sont les chiffres du marché mondial ; sur certains marchés cependant, la part de marché des bouchons de liège est de 90 % ; en France, nous sommes à 80 %. On observe cependant un retour à la hausse des ventes de bouchage en liège depuis 2007, une année record, en hausse de 7 % par rapport à 2006 ; en 2008, le record de 2007 a été battu grâce à une hausse des ventes de 4 % tandis que le bouchage plastique reculait de 2 %.

Pendant des années, les fabricants de bouchon de liège ont subi les critiques sur le goût de bouchon en pensant que leur position dominante sur le marché du bouchage les protègerait de la concurrence. Il a fallu très vite déchanter et faire face pour améliorer la qualité et la fiabilité de nos produits. Amorim a investi 53 millions d’euros dans ce processus. Nous avons ainsi identifiés les responsables des « goûts de bouchon », principalement au nombre de trois dans la famille des chloroanisols, dont un seul, le trichloroanisol (TCA), incrimine le bouchon de liège. Pour faire la vie dure aux précurseurs de TCA, nous avons choisi de miser sur plusieurs petites opérations de haute technologie (chromatographie gazeuse…) intervenant tout au long du processus pour multiplier les filtres et piéger tous les précurseurs. Aujourd’hui, nos unités de production ressemblent plus au labo d’un épisode des Experts qu’à une fabrique de bouchons !

Cette approche nous a permis de faire descendre la part de bouchons défectueux en deçà de 1 % de notre production annuelle. Nous savons que nous ne pouvons faire de promesses sur la perfection, le risque de goût de bouchon sera toujours présent, mais nous pouvons garantir à nos clients une gestion de ce risque qui le ramène au plus près de zéro.

Notre dépendance à la filière vin est en outre le gage que nous maintiendrons nos efforts pour garantir ce niveau de qualité aux vignerons : 70 % de la valeur ajoutée créée par le liège revient aux bouchons ; l’industrie de l’aluminium et du plastique ne peuvent pas en dire autant.

COMMENT PASSE-T-ON DE LA DÉFENSE DE LA QUALITÉ DU BOUCHON DE LIÈGE À LA PROMOTION DE SES AUTRES AVANTAGES ?


En terme de communication, nous pouvons affronter aujourd’hui nos concurrents avec de solides arguments sur la qualité de notre solution de bouchage ; reprocher aujourd’hui aux bouchons de liège le goût de bouchon c’est renvoyer en prison une personne qui a déjà été jugée et a purgé sa peine pour un crime commis voici 15 ans.

Voilà comment nous luttons contre les « contre ». Mais nous communiquons également très activement sur les « pour », qui nous placent en précurseur sur le développement durable.

Nous avons fait mesurer l’impact de l’industrie du bouchage par PriceWaterhouseCoopers, qui a dressé un écobilan en sept points du cycle de vie des bouchons, naturels, en plastique et à vis. Ce bilan est très nettement favorable au liège :


Source : CORTICEIRA AMORIM, Analyse du cycle de vie des bouchons de vin en liège, en aluminium et en plastique, par PriceWaterhouseCoopers, Novembre 2008
 

Le liège permet de faire vivre des populations, des forêts, des biotopes et limite la dépense carbone de la filière vin. Par rapport à ses concurrents en plastique, donc dérivés du pétrole, c’est un avantage considérable. Le développement durable, c’est une durabilité économique, sociale et sociétale, on le sait. En la matière, le liège est supérieur à tous ses concurrents, y compris aux fermetures à vis, dont la production dégage 25 % de C02 de plus que la production de bouchons de liège. Pendant ce temps, la rétention de C02 par les forêts de liège représente entre 10 et 12 mégatonnes par an pour les 2,6 millions d’hectares de chênes-liège. C’est une contribution à la réduction de l’émission de gaz à effet de serres dont les producteurs peuvent faire état.

Du point de vue de la durabilité économique et sociétale, les récolteurs de liège sont extrêmement bien payés, entre 90 et 100 € par jour durant trois mois chaque année, ce qui contribue à stabiliser des populations sur des terres agricoles en proie à l’exode rural au Maroc, en Tunisie, en Espagne et au Portugal. Les chênes lièges retiennent les hommes, mais aussi le sol et mènent ainsi un double combat, humain et géologique, contre la désertification.

Depuis 200 ans, le vin permet au liège de protéger ces régions, ces familles, ces biotopes. Nous partageons donc la bonne nouvelle avec ceux qui ont rendu cela possible. Nous offrons ainsi aux vignerons un moyen de réduire le coût environnemental de leur activité, à un prix qui peut atteindre la moitié de celui des bouchons de plastique, tout en garantissant l’image premium et la fiabilité de leur conditionnement. Cerise sur le gâteau, il y a même une belle histoire, positive, où tout le monde est gagnant, y compris la biodiversité. Pourquoi s’en priver ?
 
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