Il y a trois semaines, les media s’emparaient tous du sujet : le vin valeur refuge face à la crise financière. Le sujet était un peu téléphoné, la manière de le traiter un peu hâtive. Voilà que nous arrivent d’autres échos. Selon
l’agence Reuters , qui a fait le tour des ventes aux enchères, les prix des grandes bouteilles sont en chute presque libre. Reuters prend un exemple : une Domaine Romanée Conti (DRC) 1990 cotée plus de $20,000 il y a un an, s’est vendue $6,500. Les presque mêmes qui expliquaient l’intérêt de placer son argent dans le vin, tablent, toujours selon Reuters,
« sur une période de réajustement logique après deux ans de hausse ». C’est à y perdre son latin, mais bizarrement l’information livrée par Reuters n’a pas été cette fois entonnée.
Promis à devenir parmi les plus grands consommateurs de vin, gardons-le en mémoire, les Américains sont aussi de grands sentimentaux.
Johnn Abott signale dans
Decanter, une étude mesurant l’impact du film Sideways sur la consommation et les prix des vins issus du pinot noir. Sorti aux Etats-Unis en 2004 et en France en 2005, Sideways conte l’histoire de deux amis,
« Miles, écrivain raté récemment divorcé », et Jack,
« acteur sur le point de se marier ». Jack aime le Merlot, « un vin facile », Miles ne jure que par « le très délicat Pinot ». Ils vont faire la route des vins dans la vallée de Santa Ynez, en Californie, réunis par leur
« commune inquiétude face au temps qui passe ». Sideways, qui mérite d’être vu et/ou revu si l’étude est exacte –et pour toute autre raison d’ailleurs-, aurait ainsi conduit des milliers de consommateurs vers le pinot, plutôt que le merlot. Quatre ans après, l’effet Sideways serait toujours palpable. Est-ce le genre d’études que l’on conduirait en France ? Y a-t-il en France un
Alexander Paine, le réalisateur de Sideways, qui parlerait à nos inconscients tellement puissants ?