|
1) La poursuite des arrachages
Le Gard perdrait encore plus de 7 000 ha au cours des quatre prochaines campagnes. Les surfaces en vigne passeraient de près de 64 000 ha en 2008 à moins de 56 400 ha en 2012. L’essentiel des arrachages concerneraient les vignes de vin de table (20%) mais les Vins de pays de département devraient également être sérieusement affectés par l'arrachage en raison de leur faible valorisation, principalement pour la partie de ces vins qui ne peuvent constituer des vins de cépage. Les AOC, que ce soit en Côtes du Rhône ou en Costières de Nîmes, n'échapperont pas à l'arrachage. L’étude retient une hypothèse de diminution de vignoble affecté aux AOC de 6%.Les vignobles en vin de pays d’Oc et vin de pays de zone, sont ceux qui résisteraient le mieux.
2) Un déplacement massif des volumes vers les vins sans indication géographique (VSIG)
Les vins sans indication géographique (VSIG) représenteraient 30% de la production viticole du Gard dès la récolte 2009 (1,093 million d’hl) et 35% en 2012 (1,245 million d’hl). Ces volumes proviendraient en partie des vins de pays d’Oc (433 000 hl) et des vins de pays du Gard (122 000 hl), le reste provenant de la production actuelle de vin de table.
Selon les auteurs de l’étude « rien n'indique que les vins de pays de département seront reconnus IGP en raison du doute sur la définition du département en tant que "territoire" ». Les auteurs de l’étude pensent en fait que le vin de pays de département est appelé à disparaître. Ses volumes se répartiront principalement en IGP (indication géographique protégée) de zone et secondairement en VSIG, en particulier pour les volumes aptes à faire du vin de cépage.
«Une partie très significative des volumes de vin de pays, y compris de vin de pays d'Oc, vont passer progressivement et massivement en VSIG. Ceci s'explique par la possibilité d'améliorer considérablement la compétitivité des vins pour lesquels le marché ne valorise pas particulièrement la mention d'un "Territoire". En effet, si encore beaucoup de producteurs pensent que le cahier des charges des vins de pays et la mention d'un territoire leur donnent un avantage sur le marché, les distributeurs en France, raisonnent plutôt, pour la majorité des volumes de ce type de vin, en termes de marque, de prix et de lisibilité et donc de simplicité de l'étiquette. Sur le marché international, la situation est encore plus claire. La mention d'un territoire, pour ce type de vin, n'a de sens que si elle est perçue comme une marque».
3) L’émergence d’un vignoble dédié à la production de VSIG
Dans les deux décennies prochaines, et à condition que l'on ne s'engage pas dans un déclin de la viticulture languedocienne, l’étude présage un déplacement important du vignoble vers les zones de plaine de la région et la constitution d'exploitations de très grande taille.
L'ampleur et la rapidité du phénomène dépendront des politiques menées à la fois par les professionnels et par les pouvoirs publics. La liberté de plantation, dans ce contexte, pourrait attirer en production :
- Des négociants qui verront là le moyen de sécuriser une partie de leur approvisionnement et de créer un rapport de force commercial en leur faveur vis-à-vis de leurs autres fournisseurs : caves coopératives, caves particulières, producteurs de vendange.
- Des investisseurs étrangers ou français, attirés par les aptitudes agro-climatiques de la région, la notoriété de la production française ainsi que par la proximité immédiate des 3 plus grands marchés consommateurs du monde.
Opérateurs de la filière mais aussi investisseurs pouvant s'appuyer sur des liquidités importantes, les grands groupes mondiaux du vin ne devraient pas rester en dehors de cette tendance lourde. Il faut toutefois que les conditions restent attractives après 2015.
4) La survie des vins de niche
Le département pourra rester producteur sur des niches de marchés qui peuvent globalement représenter des volumes significatifs et des rentabilités intéressantes. Toutefois, ces niches ne survivront, au sein des entreprises et globalement dans le département, que si une solution est trouvée pour écouler les volumes très majoritaires de vin dont la vocation est de s'inscrire sur les grands flux.
5) L’éclosion des wineries type Nouveau Monde
Des outils de vinification en vue du traitement d'un vignoble à fort rendement et en recherche d'une productivité industrielle de haut niveau, devraient se mettre en place en cohérence avec la structuredu vignoble.
Si le vignoble se développe comme présenté ci-dessus, on peut imaginer le développement d'unités de vinification de très grande capacité, vraisemblablement, pour certaines d'entre elles, spécialisées en fonction du type de vin traité (rouge, blanc ou rosé). Par ailleurs, l'actuelle organisation de la filière qui intègre généralement la production et la vinification risque d'évoluer, au moins en partie, vers des "wineries" pour lesquelles certains apporteurs pourront n'être que producteurs de vendange.
|