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Par Alexandre Abellan

Haut Poitou : la cave coopérative sous administration judiciaire, « un vrai gâchis »

Haut Poitou : la cave coopérative sous administration judiciaire, « un vrai gâchis »

Nul n'est prophète en son pays, Frédéric Brochet peut en témoigner ! Son offre de reprise de la Cave Coopérative du Haut-Poitou a été rejetée hier par l'assemblée générale de la cave (79 coopérateurs pour 266 hectares de vignes aux vendanges 2012). Devenu un acteur du vignoble poitevin avec sa marque Ampelidae (400 000 cols par an, dont la moitié vendue à l'export), Frédéric Brochet avait « dans les gènes de ne pas laisser la cave coopérative se disloquer ». Avec 3,3 millions d'euros de dettes et sans Conseil d'Administration, la cave coopérative se trouve désormais acculée. Dans le feuilleton des difficultés de la cave de Neuville du Poitou (placée en redressement en 1992, restructurée en 1995, rapprochée d'Alliance Loire pour la commercialisation de ses vins en 2006...), il semble que cet épilogue désastreux ait été sciemment hâté.

Président de la cave du Haut-Poitou, Jean-Dominique Surault croyait dans l'avenir du plan de reprise mis en place cet été. Amer face à ce qui ressemble à une politique de la terre brûlée, il n'hésite à remettre en cause « des gens, pourtant descendants des fondateurs de la cave en 1951, qui veulent la casse de l'outil ». La cave coopérative n'ayant pas réussi à mettre en place un nouveau Conseil d'Administration, elle vient d'être placée sous administration judiciaire. Jean-Dominique Surault enverra dès demain une requête au Tribunal de Grande Instance pour demander la nomination d'un mandataire. « Un vrai gâchis » pour Frédéric Brochet.

Selon lui, le rejet du projet de reprise par l'Assemblée générale serait dû « à des conflits de générations et de stratégie ». Il nous confiait que « c'était Clochemerle ici ! Pour certains vignerons, Ampelidae se serait développée au détriment de la cave du Haut-Poitou. Nous n'empiétons pourtant pas sur leurs activités, notre approche est totalement différente... » Sans amertume, il reste attentif à l'avenir de la cave coopérative, même si l'approche des vendanges l'a fait passer à autre chose. Apporteur à la cave coopérative (14,5 hectares), Jean-Dominique Surault se sent quant à lui acculé. Il a déjà annoncé au personnel de la cave que les prochains mois seraient difficiles. Alors que la liquidation semble inexorable, peu de coopérateurs amèneront leurs raisins à la cave, malgré leurs engagements contractuels. Les apporteurs savent qu'ils ne seront certainement pas payés. Le paiement de la vendange 2012 était prévu pour ce 31 octobre et pourrait être suspendu par l'administrateur.

 

 

[Photo de Frédéric Brochet : Ampelidae]

 
[ LES COMMENTAIRES (4) ]
craoux - Le 26 février 2015 à 12:56:09
Sauf à imaginer qu'il y ait eu des malversations (mais les comptes d'une coopérative sont supervisés, n'est-ce pas ?), il me semble que les sociétaires d'une coopérative dont la gestion est disons "plombée" sont en partie responsable de ce qu'il leur arrive. Avant chaque AG, ils ont communication des comptes ou accès à cette information de sorte qu'ils peuvent poser les questions qu'ils veulent ... si ils sont ou se sentent impliqués. L'implication, le voilà le problème. Le côté "calimero" est un peu commode ... tout coopérateur peut ne pas rester passif et se sentir acteur-contributeur de la vie de son entreprise.
viti86 - Le 25 février 2015 à 15:40:07
C'est une injustice énorme qui touche les viticulteurs du Haut Poitou. En effet, on leur demande de payer la dette de la Cave du Haut Poitou en leur donnant le statut de coopérateur mais seuls 10 d'entre eux était au conseil d'administration, tous les autres n'ont pris aucune décision, la plupart d'entre eu n'était même a informés de ce qui ce passait, comment peuvent ils être considérés comme responsables? Une centaine de viticulteurs sont convoqués au tribunal de grande instance de Poitiers le 13 mars 2015, ont leur demande des sommes allant de 4000€ à 40000€, eux petits viticulteurs, honnêtes travailleurs, qui ont toujours subis les agissements des dirigeants de cette cave, n'oublions pas que à plusieurs reprise, les récoltes n'on même pas été payées. Où vont ils trouvés cette argent? Cette injustice mérite une plus large couverture médiatique, Que fait la chambre d'agriculture? Les syndicats? Le ministre? Qu'ils viennent sur place rencontrer les viticulteurs désespérés. Ces gens ont vraiment besoin d'aide, et c'est URGENT.
Florie - Le 29 octobre 2013 à 15:22:31
Ils préfèrent voir mourrir leur outil de travail et l'investissement de leurs aïeux plutôt que de le confier à un homme passionné et entreprenant. Voilà ce que l'on peut appelé de la fierté mal placée!
Hervé Lalau - Le 19 septembre 2013 à 22:13:48
Brochet est un très bon oenologue, doublé d'un visionnaire. A Marigny, il élabore parmi les meilleurs sauvignons que j'ai eu l'occasion de goûter.
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