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Par Alexandre Abellan

Minéralité des vins : nouveau descripteur ou impasse sensorielle ?

Minéralité des vins : nouveau descripteur ou impasse sensorielle ?

Terme à la mode dans les dégustations de vin, la minéralité fait débat. Peut-être même un peu plus que tout autre néologisme (cliquer ici pour relire l'interview de Thomas Cabrol sur le sujet). Lors des dernières Rencontres Internationales du Rosé (Marseille), le docteur Yves Lefur (AgroSup Dijon) remettait en cause cette impression d'omniprésence de la minéralité dans la « matrice discursive » (commentaires de journaux, blogs...). Ayant réalisé une veille des critiques de vins sur le web, il préfère parler de pic d'utilisation. Absent des dictionnaires et lexiques, le terme minéralité est dans une « impasse lexicographique » pour l'enseignant chercheur.

 

Avec le linguiste Laurent Gautier, Yves Lefur a réalisé une étude qualitative sur la sémantique de la minéralité. Réalisée à partir questionnaires en ligne auprès de consommateurs et professionnels francophones, cette étude cartographie le lexique mental lié à la minéralité. Globalement, quatre champs lexicaux reviennent pour définir la minéralité (pédo-géologique, sensoriel, analytique et illustratoire/analytique : voir illustration). Derrière cette richesse lexicale, ces résultats témoignent d'un usage fortement combinatoire. Le terme est généralement associé, avec des notions de fraîcheur, d'acidité, de gradation des sensations... Ce qui qui montre une « forme d'indétermination et de déficit définitoire » pour Yves Lefur. Il apparaît que l'usage du terme minéralité répond à l'appropriation d'un mot appartenant à d'autres (« une thématisation métalinguistique »).

 

Parmi les prochaines étapes de cette étude, la question des réalités sensorielles de la minéralité d'un vin sera essentielle. La valeur positive ou négative de la perception de minéralité est également à déterminer. Lors du sondage, un producteur de vin s'exclamait que « si client me dit qu'il y a de la minéralité dans mon vin, je me dirai ''tiens, je l'ai raté'' »

 
[ LES COMMENTAIRES (1) ]
David Lefebvre - Le 03 juin 2013 à 13:25:04
D'après le neurophysiologiste du goût Patrick Mac Leod Le champs lexical est tellement réducteur par rapport aux ressentis gustatifs et olfactifs qu'une étude sémantique telle que celle du Dr Lefur était d'emblée vouée à une impasse. Je crois qu'il faut repartir de la chimie Et associer des descripteurs a un vin très minéralisé Et comparer ces descripteurs a un vin peu minéralisé En caractérisant chimiquement l'effet de la minéralisation : poids moléculaire moyen, données de stabilité thermodynamiques, données d'interactions organominerales Bref des choses que l'eoenologie n'a pas l'habitude de scruter... En partant du même jus de départ. Et reproduire ainsi l'étude sur différents vins.
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