Au sein de l'Italie du vin, le Piémont tient une place à part, pas loin d'être aristrocratique au sens où peut l'être la Bourgogne en France. Les similitudes entre les deux régions ne manquent pas. La gloire du Piémont du vin repose sur le cépage nebbiolo, proche du pinot noir par sa robe point trop dense et son acidité fraîche. Le Barolo est l'appellation la plus connue, son voisin le Barbaresco, connu pour sa structure plus fine - certains parlent de sa personnalité plus féminine - et pour être prêt à boire plus vite, marche cependant dans les pas de son aîné.
En terme de renommée, tout d'abord : la seconde édition des primeurs de Barbaresco en septembre dernier, Piacere Barbaresco, a draîné sur place tout ce que le monde du vin compte de spécialistes des vins italiens, prescripteurs et acheteurs. Organisées par l'Enoteca del Barbaresco, union des vignerons de Barbaresco, les dégustations des Barbaresco 2006 ont rassemblé tous les producteurs de l'appellation, fait rarissime dans ces dégustations dont les stars sont habituellement absentes.
En terme de prix également : les Barbaresco sont encore en moyenne moins onéreux que les Barolo. Mais les prix grimpent et la clientèle est là. Car à force de travail de qualité sur des petites parcelles et de dynamisme dans leur communication, les producteurs de Barbaresco ont su convaincre leur public et le fidéliser dans le haut de gamme.
En terme d'évolution du vignoble, enfin. Le Piémont est sans doute la région la plus attachée à la notion de crus à la bourguignonne. Barolo a défini les siens. La question de savoir si Barbaresco doit en faire autant divise encore les producteurs. Tous sont d'accord pour dire que les caractères diffèrent selon les communes de l'appellation, mais les tenants des crus exprimés dans leur pureté se disputent encore avec les partisans de la complexité dans l'assemblage. Débat à suivre avec la plus grande gourmandise !
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