Tempo judiciaire

Vendredi 04 août 2017 par Alexandre Abellan

Célèbre mouvement d'impatience : « quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? » demandait avec humeur Cicéron lors de ses Catilinaires.Célèbre mouvement d'impatience : « quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? » demandait avec humeur Cicéron lors de ses Catilinaires. - crédit photo : Fresque de Cesare Maccari (Sénat Italien, Rome)

Abritées par la fraîcheur du marbre de tribunaux, les affaires judiciaires ponctuent de leurs échos l’été viticole. A priori aussi complexes que massifs, les soupçons de fraudes pesant en vallée du Rhône sur le vracqueur Raphaël Michel sont analysés très différemment entre les parties civiles (le syndicat des vignerons très remonté, auquel est en train de se joindre l’interprofession) et l’accusé (sa défense dénonçant une cabale d’envieux). Mais toutes les parties s’accordent sur un fait : l’instruction devrait être bien longue avant de pouvoir conclure. Les délais de la justice sont un mal à prendre en patience pour la filière rhodanienne, qui souhaiterait que la lumière soit faite au plus vite. Pour dissiper la défiance, et classer l’affaire.

En la matière, le vignoble alsacien peut témoigner des retards de procédures judiciaires. Après cinq années, l’affaire de banqueroute et d'escroquerie du négoce Jean Albrecht ne donne pas de signe d’avancées. Au contraire, l’agacement vigneron va entraîner une manifestation à Colmar ce 23 août, pour mettre la pression et demander que soient enfin désignés les responsables de cette déroute. Au-delà des chèques impayés, la filière alsacienne demande justice pour passer à autre chose, et apaiser les esprits.

Rares, ces affaires deviennent rapidement des questions de principe quand l’honneur et la probité d’une filière sont mis en jeu. Mais le temps de la justice n’est décidément pas en phase avec l’impatience des premiers intéressés. Ayant défrayé la chronique des vins naturels, l’affaire du caviste parisien Marc Sibard a ainsi duré plus de cinq ans d’instruction. Et elle est n’est arrivé à sa conclusion/condamnation pour abus et harcèlements sexuels que par l’absence d’appel du coupable.

« La justice coûte cher. C’est pour ça qu’on l’économise » faisait dire à ses personnages le dramaturge Marcel Achard, dans sa pièce L’Idiote (1960).

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