Vins de Bordeaux

Avant la retraite, Jean-Philippe Code abat des idées reçues

Vendredi 04 août 2017 par Alexandre Abellan

Avant la retraite, Jean-Philippe Code abat des idées reçues
Après 33 ans à la tête du service économie et études de l’interprofession girondine, l’économiste profite de la publication d’une somme statistique pour démonter quelques poncifs erronés.

Saviez-vous que l’âge moyen des vignes bordelaises est de 24 ans ? Que la place de Bordeaux réunit 800 courtiers (soit 13 % de la profession nationale) ? Que 96 % des vins AOC de Bordeaux étaient exportés en bouteille ? Vous peut-être pas, mais Jean-Philippe Code sans aucun doute ! Directeur du service économie et études du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), l’expert va faire valoir ses droits à la retraite la rentrée prochaine. Véritable mémoire statistique de la filière girondine, il a réalisé avec son équipe une véritable somme statistique avant de mettre fin à sa carrière : le premier Atlas Économique du Vin de Bordeaux.

En 72 pages, le carnet replace le vignoble bordelais dans la production nationale, son négoce dans la compétition internationale et ses marchés dans la perspective d’échanges mondialisés. L’exercice aura également été l’occasion de démonter quelques idées reçues persistantes. En forme de droit de réponse.

"Données positives à valoriser, et négatives pour alerter"

Principal cliché erroné qui agace Jean-Philippe Code : « ce n’est pas l’Hérault, mais la Gironde qui est le premier département viticole de France ». Avec 114 000 hectares de vignes en 2016, le vignoble bordelais représente 14,8 % de la production nationale de vin (quand l’Hérault en concentre 14,5 %). Pour l’économiste, « il y a des choses positives à valoriser, et des données négatives qui doivent nous alerter ». Il pondère ainsi la présence quasi hégémonique des bordeaux dans la grande distribution en notant que cette présence est seulement vraie pour les rouges. Cette position de référence étant encore plus remise en question dès que l’on s’intéresse aux circuits spécialisés (cavistes, restauration…).

Et alors que le positionnement abordable des vins girondins est au cœur de la stratégie de communication du CIVB, « le prix moyen d’une bouteille de Bordeaux en grande distribution n’est pas plus cher que celui des autres appellations » souligne Jean-Philippe Code. Au niveau des exportations, si « Bordeaux est marqué par la Chine, d’autres vignobles sont bien plus dépendants » nuance l’économiste. Si le marché chinois représente 11 % des exportations bordelaises en 2016, la destination pèse en effet à 16 % pour les vins chiliens et 13 % pour ceux australiens.

D’août 1984 à septembre 2017

À 66 ans, Jean-Philippe Code quittera ses fonctions cette fin septembre. Parisien, l’ingénieur agronome formé à Montpellier s’est fixé en 1981 à Bordeaux, où il aura d’abord été enseignant au lycée viticole de Blanquefort en économie, fiscalité et gestion des exploitations. Une fois les examens du bac, de BTA et de BTS passés par ses élèves en 1984, il a rejoint le CIVB pour y développer les études économiques. Il prend la direction du service économie et études en 1993, qui regroupe aujourd’hui quatre collaborateurs. Jean-Philippe Code cède la direction du service à Ann-Cécile Delavallade, l’ancienne responsable du service économique de l’Interprofession des Fruits et Légumes Frais.

L’économiste ne cache pas l’espoir que l’Atlas sera mis à jour à l’avenir. « Tous les cinq ans, cela peut valoir le coup » glisse-t-il. « Il y a trente ans on posait les études dans des placards et éventuellement quelqu’un venait les consulter. Désormais, les études sont disponibles sur internet, mais l’enjeu reste d’attirer. Ce qui n’est jamais gagné » conclut ce défenseur du pilotage de la filière par la connaissance chiffrée des équilibres. Notamment entre l’offre et la demande.

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LB Le 05 août 2017 à 18:00:06
Un grand merci et mes félicitations à Jean Philippe Code pour son travail d'analyse au fil de sa carrière au CIVB. Sans polémique, ni partie pris, il nous a fait pendant des années une lecture utile de son travail statistique: une lecture des chiffres enregistrés sur le long terme. Son travail était utile, ses interprétations appuyées au quantifiable, ses suggestions de lecture des tendances souvent vérifiées, ou proposée à l'interprétation des entreprises de la filière Bordelaise. Une mission utile à la filière qu'il a, selon moi, rempli pleinement. Retraite méritoire, donc, et pleine d'enseignement pour demain: Les chiffres n'aiment pas les parties pris, et leurs lectures vraies (qu'il a promu) sont pleines d'enseignements. Merci à lui. La filière Bordelaise a été riche de sa présence.
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