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Les 50 ans de biodynamie au Domaine Saint-Apollinaire

Lundi 19 juin 2017 par Juliette Cassagnes
Article mis à jour le 22/06/2017 16:22:08

Frédéric Daumas et sa fille Elodie, exploitent le domaine Saint Apollinaire en biodynamie depuis 1967Frédéric Daumas et sa fille Elodie, exploitent le domaine Saint Apollinaire en biodynamie depuis 1967 - crédit photo : J.Cassagnes
Bien avant tous les autres, en 1967, Frédéric Daumas, vigneron aujourd'hui retraité âgé de 80 ans, a décidé de convertir son domaine en biodynamie. Il a accepté de nous en ouvrir les portes et de nous livrer son histoire, en toute humilité.

Frédéric Daumas, âgé de 80 ans, est un homme discret qui n'aime pas se mettre en avant. C'est pourtant l'un des pionniers à avoir cru, dès les années 1960, à la viticulture biodynamique et à l'avoir appliquée pour son domaine, basé à Puyméras (Vaucluse), dès 1967. « A l'époque, les gens n'étaient pas très branchés bio...Personne ne me comprenait, on me traitait de fou...Maintenant, ils veulent faire pareil, mais à 50 ans d'intervalle ! », témoigne l'intéressé.

"Max Léglise, mon maître à penser"

Mais qu'importent les barrières ! Déterminé et convaincu, il passe outre et décide de cultiver la douzaine d'hectares de vignes du domaine familial St Apollinaire, selon ce mode de culture. Une décision prise mûrement, après une longue période de recherches et de réflexions, à travers la lecture de nombreux ouvrages tels que celui du philosophe Steiner, mais aussi de Platon ou de Pythagore, de botanistes ou encore d'alchimistes, « qui lui ont ouvert les horizons ».

A cette époque, les raisins sont encore livrés à la cave coopérative du village. Ne pouvant bénéficier d'une vinification séparée, celui-ci décide quelques années plus tard, en 1974, de vinifier lui-même sa production, coute que coute. Il finit par obtenir l'autorisation de quitter la coopérative, sous condition tout-de-même d'abandonner ses parts sociales. « C'était un gros risque financier mais aussi sur le plan technique, reconnaît l'homme, en lien notamment avec les vinifications réalisées sans produits oenologiques. Mais j'étais fermement convaincu que je devais aller le plus loin possible ». Il reçoit néanmoins l'aide, à l'époque, de « quelques amis », dont Max Léglise, célèbre spécialiste bourguignon de la vinification biologique, avec qui il a eu « d'excellents contacts » et qui a été « son maître ».

Une oenologie sans intrant

Son parcours est d'autant moins banal que Frédéric Daumas a suivi une formation scientifique pure, diplômé du DNO de Dijon, et a même été professeur à la faculté de Montpellier. Il occupe aussi à cette période des responsabilités au sein de « l'interprofession des Côtes-du-Rhône », comme oenologue, et est à l'origine de la création des quatre laboratoires d'analyses... « Je ne vous cache pas qu'il n'y a pas eu que des jours de gaieté...J'ai été curieux et tenace : il fallait les deux ! », admet-il, avec ces années de recul. Et quand on le questionne sur l'origine de cette décision, ce dernier répond tout simplement : « par souci de curiosité, par respect de savoir et de comprendre, par soif de connaissances ». « Plus on apprend, plus on s'aperçoit que l'on ne sait rien », tient cependant à rappeler celui-ci.

Le domaine est aujourd'hui conduit par sa fille, Elodie, elle-aussi titulaire d'un DNO, à qui il a transmis ses connaissances et qu'il « remercie » au passage d'avoir poursuivi dans cette voie. Chaque année, environ 50 000 bouteilles sont produites en AOP Côtes-du-Rhône, certifiées bio et selon le cahier des charges Demeter. Elles sont écoulées à l'export, dans des magasins bio spécialisés, et en vente directe. La famille célèbre en 2017 les 50 ans de biodynamie du domaine ; une « cuvée du cinquantenaire» sera produite lors des prochaines vendanges, en édition limitée.

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