Gel, importations, sécheresse

Les vignerons audois préparent un coup d’éclat mardi

Vendredi 19 mai 2017 par Alexandre Abellan

S’attendant à une centaine de participants, le syndicat a été surpris d’accueillir 350 vignerons ce 18 mai dans l’auditorium de Ferrals-les-Corbières.S’attendant à une centaine de participants, le syndicat a été surpris d’accueillir 350 vignerons ce 18 mai dans l’auditorium de Ferrals-les-Corbières. - crédit photo : Syndicat Viticole de l’Aude
Entre abattement et soulèvement, les viticulteurs languedociens se donnent rendez-vous à Narbonne ce 23 mai pour interpeller les pouvoirs publics dans une action qui s’annonce coup de poing.

Annoncée comme un meeting d’information sur les dernières gelées, la réunion viticole du 18 mai à Ferrals-les-Corbière aura cristallisé les ressentiments du vignoble audois; Battant le rappel pour une action ce mardi 24 mai à Narbonne. « On sent la pression monter d’un cran » lâche Frédéric Rouanet, le président du syndicat viticole de l’Aude qui organisait le meeting. « La marche du 25 mars n’a servi à rien. Mardi à 7h30 nous donnons rendez-vous au parking du parc des expositions de Narbonne pour faire une opération » ajoute l’élu syndicaliste, ne précisant pas la nature de l’action prévue. Tout juste précise-t-il sur le carton d’invitation que le but est d’« interpeller le gouvernement français et l’Europe. »

Se rajoutant à la sécheresse ayant pesé sur la récolte 2016, aux volumes croissants d’importations espagnoles et à une campagne de commercialisation vrac mal orientée, le gel est la goutte qui pourrait faire déborder la colère vigneronne languedocienne. « Le moral est au plus bas. C’est inquiétant, ça bouillonne et ça se demande comment faire pour passer l’année » résume Frédéric Rouanet. La pérennité économique de domaines serait en effet en suspens après les violentes gelées de ce printemps.

Plus de dégâts qu’en 1998

Les gels des 18, 19 et 29 avril derniers auraient ravagé 15 à 20 000 hectares de vigne (soit 20 à 30 % de la surface du vignoble audois). « Avec des dégâts allant de 30 à 100 %. Ce sont encore des estimations, mais le vignoble est plus touché qu’en 1998. Pour l’instant, ça ne pousse pas trop… » soupire Frédéric Rouanet.

Suite au gel, le syndicat prépare des demandes conjoncturelles « classiques », comme l’autorisation de rachats de vendanges, la mise en place de facilités bancaires, les reports ou exonérations de la taxe sur le foncier non bâti et des cotisations MSA… Des mesures structurelles sont aussi à l’étude, comme la révision de l’assurance récolte et la création de Volumes Complémentaires Individuels pour les AOP et IGP du Languedoc.

 

 

 N’envisageant pas de mesures de prévention comme les gelées, Frédéric Rouanet estime que « le gel est imparable dans nos vignobles. Ce sont des îlots trop parsemés dans les villages et la campagne. »
 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Recopier le code :
Processing
© Vitisphere 2017 - Tout droit réservé