Déploiement vigneron

L’Occitanie signe des deux mains pour les cépages résistants

Vendredi 19 mai 2017 par Alexandre Abellan

La convention a été signée par Pascal Augier (directeur régional de l'Agriculture et de la Forêt en Occitanie), Guy Bascou (président de la commission technique du CIVL), Philippe Mauguin (PDG de l’INRA), Michel Defrances (président de l’IVSO) et Nicolas Rech (président de l’IFV Sud-Ouest) à l'Ineopole Formation de Gaillac.La convention a été signée par Pascal Augier (directeur régional de l'Agriculture et de la Forêt en Occitanie), Guy Bascou (président de la commission technique du CIVL), Philippe Mauguin (PDG de l’INRA), Michel Defrances (président de l’IVSO) et Nicolas Rech (président de l’IFV Sud-Ouest) à l'Ineopole Formation de Gaillac. - crédit photo : IVSO
Les deux interprofessions d’Occitanie seront les références de terrain pour l'expérimentation des nouvelles variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium. Dans le meilleur des cas, 90 ha devraient être plantés en 2018.

Ce 18 mai, l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest (IVSO) et le Conseil Interprofessionnel des Vins du Languedoc (CIVL) ont signé la convention pour le déploiement de cépages résistants avec l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) et l'Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV). Mission est ainsi donnée à ces interprofessions occitanes d’accompagner le programme de déploiement expérimental des cépages résistants au mildiou et à l’oïdium.

Avec ce partenariat, les deux interprofessions prennent « un engagement collectif pour assurer un déploiement, et un suivi, dans les conditions permettant de garantir la durabilité des résistances portées par les variétés INRA » explique Paul Fabre, le directeur de l’IVSO. Les chercheurs de l’INRA et de l’IFV pourront ainsi accéder à toutes les parcelles de cépages résistants de ces bassins et les réunir via une plate-forme collaborative. Afin d’«observer les éventuelles évolutions des populations de pathogènes, évolutions potentiellement responsables de la perte d’efficacité des gènes de résistance » précise un communiqué de l’INRA, qui ajoute que « l’objectif de cette stratégie est de créer les conditions pour un déploiement aussi rapide que possible des innovations sur le terrain ».

"Planter, essayer et déguster chez nous"

« Nous allons pouvoir planter, essayer et déguster chez nous de nouveaux cépages pour savoir s’ils sont compatibles aux climats et aux sols de nos domaines » s’enthousiasme Bernard Augé, le directeur adjoint du CIVL. « En Languedoc, nous allons privilégier les essais de variétés Bouquet, que nous commençons à bien connaître, tandis que dans le Sud-Ouest ils vont plus tenter les variétés ResDur, que nous apprendrons à connaître demain » explique cet opiniâtre* promoteur des cépages résistants.

Réseau OsCAR

Encore au stade administratif, le projet devrait atteindre une prochaine étape en juillet, avec l’annonce d’un plan pluriannuel fondant un Observatoire régional du déploiement des cépages résistants (OsCAR, lancé par l’INRA et l’IFV). La sélection des parcelles vigneronnes suivra ensuite, sachant qu’elles ont vocation à être d’autre moins 50 ares, voire de s’insérer dans des projets collectifs pour permettre d’envisager une production quasi-commerciale.

« Nous allons lancer un questionnaire à l'attention des producteurs afin de connaître leurs souhaits de plantation dès aujourd’hui, pour une date limite de dépôt des dossiers au 15 juin » annonce Paul Fabre, qui vise 2 à 10 hectares plantés en 2018. Ayant déjà recueilli les candidatures de 60 vignerons pour 80 ha de cépages résistants, le CIVL devrait lancer les premières plantations en 2018 et 2019. « La disponibilité de ces matériels végétaux est limitée » prévient Bernard Augé, qui espère que ces expérimentations ne dureront pas plus de dix ans avant de déboucher sur des inscriptions au catalogue national.


* : Tenace, Bernard Augé attribue au CIVL un rôle primordial dans ce déploiement expérimental nouvellement envisagé par l’INRA et l’IFV. Pour soutenir ce programme, l’INRA va déposer au Comité Technique Permanent de la Sélection (CTPS) des demandes de classement temporaire pour sept variétés obtenues par l’emblématique chercheur Alain Bouquet. Précisant que « l’accès au classement définitif de ces variétés sera instruit [en cas de] démonstration que leur plantation à une large échelle n’induit pas une augmentation du risque de contournement des résistances génétiques aux deux maladies ».

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Carbonnier Pierre Le 20 mai 2017 à 11:45:54
J'espère que le "déploiement expérimental"dont il est ici question, entraînera de nombreux émules. Cette démarche pourrait faire taire (un peu ,ne rêvons pas !) les aficionados des O.G.M. qui ne cessent de mettre en place la grosse armada publicitaire, soutien affiché de l'ultra -libéralisme et de la mondialisation.
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