Muscadet

Le gel 2017, en partie, comparable au ruineux 1991

Jeudi 18 mai 2017 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 19/05/2017 09:57:01

Quatre épisodes de gel ont touché le vignoble nantais ce printemps, avec des températures descendant jusqu’à -4 °C.Quatre épisodes de gel ont touché le vignoble nantais ce printemps, avec des températures descendant jusqu’à -4 °C. - crédit photo : FVN/A.Le Gal
Ravagé à 50 % par les températures négatives du printemps, le vignoble nantais attend la floraison pour estimer les pertes de récolte. Se cumulant avec le gel 2016, les conséquences économiques s’annoncent difficiles.

« Sur les secteurs les plus touchés, on a l’impression que le vignoble a été frappé par une attaque au napalm. Les rameaux naissants sont grillés à sec » témoigne le vigneron Olivier Martin, porte-parole de la Fédération des vins de Nantes (FVN, pour les AOC Muscadet, Gros-Plant et Coteaux d’Ancenis). Alors que les premières repousses apparaissent, les dégâts ont pu être estimés et sont à la hauteur de la catastrophe annoncée : 50 % des surfaces viticoles nantaises ont été touchées. Soit 4 000 hectares de vigne, dont 60 % ont été touchés à plus de 50 %. Globalement, le Muscadet a été le plus touché (plus de 50 % des surfaces), le Gros Plant et les Coteaux d’Ancenis un peu moins (respectivement 40 et 30 %).

Gelée noire

« Selon les secteurs, l’emprise du gel est comparable aux intensités observées en 1991 » avance, prudemment, Olivier Martin. Ajoutant immédiatement qu’il est trop tôt pour réellement comparer ces deux millésimes catastrophiques : « il faudra attendre la fin de la floraison, en juin, pour connaître l’incidence réelle du gel sur la prochaine récolte ». Si les chances de trouver des bourgeons fructifères sur les parcelles les plus touchées sont proches du néant, l’espoir de réaliser une récolte plus importante qu’il y a 26 ans reste vif. Il faut dire qu’en 1991, les rendements étaient inférieurs à 20 hectolitres par hectare.

Après une petite récolte 2016, déjà amputée par le gel, les craintes nantaises se concentrent sur les réductions mécaniques d’approvisionnements et les très probables pertes de marché. Comme si l’histoire était sur le point de se répéter. « '91 a été le point de départ de la grande crise viticole du Nantais » reconnaît Olivier Martin, qui nuance immédiatement : « mais le vignoble n’a plus la même morphologie, il est passé de quasiment 15 000 ha à 8 000 ha. Et ces dernières années on arrivait à une corrélation entre offre et demande. »

Se cumulant, les aléas climatiques devraient mettre en péril la viabilité économique d’exploitations nantaises. Pour soutenir les viticulteurs en plein désarroi, la FVN a mis en place une cellule de détection et d’accompagnement (avec la chambre d’agriculture, les fournisseurs et les centres de gestion).

Actions en cours

Pour aider les exploitations touchées et prévenir les risques à l’avenir, la FVN porte plusieurs demandes. À commencer par celles d’exonération de la taxe foncière sur les terrains non bâtis et de report ou annulation des charges sociales de la MSA liées à l’activité. Régionalement, le vignoble nantais milite pour le développement d’une protection collective du vignoble, et le lancement d’une étude pour déterminer les meilleurs moyens de prévention (comme les éoliennes fixes). La FVN demande également un débat national sur les modalités du contrat socle d’assurance, afin d’en revoir calcul de la couverture (pour ce qui est du seuil de déclenchement et de la franchise).

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