Présidentielle 2017

Un pas en avant, Anpaa en arrière

Vendredi 14 avril 2017 par Alexandre Abellan

Avec 11 candidats en lice, l'élection présidentielle se tiendra les 22 avril et 6 mai 2017.Avec 11 candidats en lice, l'élection présidentielle se tiendra les 22 avril et 6 mai 2017. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)

À l'occasion des élections présidentielles, la filière vin a sollicité les candidats, pour qu'ils s'engagent sur son avenir, via la presse spécialisée, comme Vitisphere ou la RVF, et ses représentants, comme la Cnaoc. Elle a généralement reçu un soutien de bon ton, avec des prises de position consensuelles en faveur d'une consommation modérée de vin et d'une défense patrimoniale du vignoble. Si ces annonces sont plus rassurantes que programmatiques, il est instructif de les mettre à l'épreuve des promesses données "à l'autre bord". Interpellant dans le même temps les candidats, les tenants de l'hygiénisme ont en effet reçu des réponses abondant souvent dans leur sens. Il semble que si les candidats ne sont pas des girouettes, leurs équipes dédiées à l'agriculture et à la santé ne se sont pas toujours bien concertées.

Ainsi, l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) a soumis ses propositions chocs aux candidats, avec notamment la mise en place d'un prix minimum pour les boissons alcoolisées et l'étiquetage renforcé d'informations sur les boissons alcoolisées (agrandissement du logo "femme enceinte", précision de l'apport calorique, de la composition, des teneurs en sulfites et résidus de pesticides...). Si les principes de prévention et de responsabilisation restent présents dans les réponses données par les candidats*, on note souvent des questions évitées pour ne pas froisser. Quand il n'y a pas d'apparentes contradictions avec les positions précédemment prises de défenseur de la culture et de l'économie du vin.

A priori moins défenseurs du vignoble et de ses produits une fois hors du Salon de l'Agriculture, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et Benoît Hamon (Parti socialiste) se disent ainsi prêts à envisager l'instauration d'un prix minimum et l'obligation d'un étiquetage plus complet. Se gardant de se prononcer sur l'information aux consommateurs, François Fillon (Les Républicains) se dit quant à lui fermement opposé à tout prix minimum (prônant la «construction d'une société plus juste, plus enthousiaste, plus entreprenante qui participera à la lutte contre l'addiction à l'alcool»).

Leurs programmes ne se positionnant pas sur le sujet, Marine Le Pen (Front national) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) bottent en touche sur le prix minimum. Mais si Marine Le Pen a la franchise de préciser que «si une telle mesure devait s'appliquer, cela devrait se faire évidemment en concertation avec les acteurs du vignoble français», elle se positionne pour l'information sur les étiquettes : «Pour des raisons sanitaires et de transparence, il est essentiel que les informations que vous mentionnez soient indiquées sur l'étiquette des produits.»

Recevant le prix de la prudence, le candidat Emmanuel Macron (En marche) évite de répondre aux questions concernant les boissons alcoolisées, préférant rester dans un vague assez convenu (« nous moderniserons nos politiques publiques destinées à lutter contre l'alcoolisme, fléau responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts dans notre pays »). Finalement, la palme de la constance politique revient sans conteste à Nathalie Arthaud, qui reste fermement campée sur ses positions. Dénonçant l'assouplissement de la loi Évin en 2015 par le lobby viticole, la candidate de Lutte ouvrière juge « indispensable d'empêcher toute publicité pour l'alcool ».

 

* : Manquent à l'appel François Asselineau (Union populaire républicaine), Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès), Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste) et Jean Lassalle (Résistons), qui n'ont pas répondu aux sollicitations de l'Anpaa.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Recopier le code :
Processing
© Vitisphere 2017 - Tout droit réservé