Ventes de Champagne

Hors de la valorisation, point de salut

Lundi 20 mars 2017 par Alexandre Abellan

Ce 19 mars, le CIVC présentait pour la première fois ses performances commerciales lors du salon Prowein. Ce point presse se tenait précédemment à Londres, avec une portée bien moins internationale que celle atteinte à Düsseldorf.Ce 19 mars, le CIVC présentait pour la première fois ses performances commerciales lors du salon Prowein. Ce point presse se tenait précédemment à Londres, avec une portée bien moins internationale que celle atteinte à Düsseldorf. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Subissant les contre-coups du Brexit et de la morosité française, les ventes de champagne sont en repli. Sur Prowein, l'interprofession promeut la valorisation comme contre-offensive à ce contexte délicat.

En 2016, le vignoble champenois a expédié 306 millions de cols, pour un chiffre d’affaires de 4,71 milliards d’euros. Soit une baisse de 2,1 % en volume par rapport à 2015, quand la valeur est restée stable (-0,7 %), et que le prix moyen s’est valorisé de 1,3 % (pour 15,4 €/col). « La croissance de la valeur unitaire est essentielle. Avec le développement des cuvées millésimées, rosées… La croissance en volume que la Champagne a pu connaître ces dernières années est morte » pose, sans ambages, Jean-Marie Barillère le coprésident du Conseil Interprofessionnel des Vins de Champagne (CIVC).

À l’occasion du salon Prowein, le négociant revient sans langue de bois les performances commerciales champenoises. Pour lui, la « chute » de ces expéditions est due à deux évènements : « la morosité du marché français (à cause des attentats et de la non-reprise économique) et le Brexit (avec la perte de valeur de la livre par rapport à l’euro). Mais si on enlève ces deux marchés, les autres zones ont bien marché (+6 % en Italie et aux Pays-Bas, +5 % aux États-Unis, +4 % en Scandinavie…). »

Année type

Si le repli des expéditions champenoises semble brutal en 2016, du fait de la conjoncture, cette tendance s’inscrit dans une tendance lourde. Qui n’est pas fondamentalement nouvelle et n’a été qu’accentuée. Sur le temps long, le marché français est indéniablement sur le déclin, tandis que celui européen reste globalement stable et que les pays éloignés sont porteurs. Pour Jean-Marie Barillère, la valorisation est la seule stratégie de développement valable pour le vignoble champenois.

« Les opérateurs ont bien perçu qu’avec l’aire actuelle de production et les nouvelles pratiques viticoles*, la valorisation est la seule perspective de développement » estime l’élu. Pour qui le potentiel de production champenois ne peut actuellement dépasser 350 millions de cols par an. Dans ce contexte borné, « la responsabilité du CIVC est de donner confiance aux entreprises pour qu’elles investissent » explique-t-il. Évoquant par exemple une hausse des rendements, afin de produire des cuvées millésimées sans subir de réduction de commercialisation de la cuvée brute.

Liés à la géopolitique

Restant optimiste sur la capacité de la filière champenoise à consolider son image et sa valorisation, Jean-Marie Barillère porte un toast aux performances 2016 et aux perspectives 2017. Même s’il ne cache pas son inquiétude face à deux sources d’instabilité géopolitiques, et donc commerciales : la politique protectionniste annoncée de la présidence de Donald Trump aux États-Unis et le prochain déclenchement du départ anglais de l’Union Européenne.

Quant à la concurrence des proseccos italiens et cavas espagnols, particulièrement visible à Prowein, le champenois se montre confiant : « plus il y a de concurrence de qualité, mieux je me porte ! Ces produits élargissent la base de nos consommateurs. Au final, c’est le sommet de la pyramide qui en profite. »

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