Biocontrôle

Deux anti-botrytis alternatifs validés au vignoble

Lundi 20 mars 2017 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 19/04/2017 15:34:34

Pulvérisé en poudre, « le talc tient mieux que l’argile » précise Éric Capredon, qui souligne que la poudre n’apporte aucune nuisance lors des vinifications. EuralisPulvérisé en poudre, « le talc tient mieux que l’argile » précise Éric Capredon, qui souligne que la poudre n’apporte aucune nuisance lors des vinifications. Euralis - crédit photo : Euralis
Dans le cadre de son réseau bordelais Dephy, les essais d’Euralis confirment l’efficacité du Basfoliar Kelp et du talc Invelop, allongeant la grappe et créant une barrière physique.

Se basant sur trois années d’essais sur deux exploitations bordelaises, le distributeur Euralis va conseiller en 2017, au cas par cas, le saupoudrage de Basfoliar Kelp et de talc Invelop pour prévenir le développement viticole de Botrytis. L’efficacité de ces produits a été validée par poudrages sur le réseau Dephy d’Euralis, dont le responsable des expérimentations, Éric Capredon, tient cependant à nuancer l’action : « il ne faut pas comparer ces alternatifs avec la chimie. Ce ne sont pas des anti-botrytis* ! Mais ils donnent suffisamment de protection pour préserver la qualité de la vendange. »

Les deux produits limitent le champ de développement du Botrytis, la pulvérisation de Kelp provoque l’élongation de la grappe (aérant la zone fructifère), quand le poudrage d’Invelop a un effet hygroscopique (asséchant grappe). L’ensemble forme une barrière physique dont la robustesse a été validée par l’expérimentation au vignoble, tout en ajoutant des effets qualitatifs et quantitatifs (voir encadré).

Prophylaxie obligatoire

Pour la campagne 2017, les référents du réseau coopératif Euralis vont préconiser ces deux produits soit en complément des traitements conventionnels, soit en remplacement de la chimie (essentiellement pour les vignobles à faible pression Botrytis). Dans les deux cas, la réduction des traitements aura un impact non seulement environnemental, mais aussi économique. Les anti-botrytis étant particulièrement coûteux.

Pour être efficace, l’utilisation de ces produits doit cependant être obligatoirement doublée d’une prophylaxie efficace. « Avec effeuillage, ébourgeonnage… Sur des vignes qui ne soient ni trop denses, ni trop vigoureuses » souligne Éric Capredon, qui reconnaît que ces pratiques sont devenues communes, n’entraînant donc pas de surcoûts. Sachant qu’au niveau des traitements, sur les cinq traitements, seuls les deux derniers sont spécifiques (Invelop à 10 kg/ha dirigés vers les grappes). Les passages en plein à nouaison (Invelop 25 kg/ha et Basfoliar Kelp 1,5 l/ha) et à fermeture de la grappe (Invelop 25 kg/ha) peuvent être couplés avec l’habituelle protection contre mildiou et oïdium.

 

* : D’un point de vue réglementaire, Éric Capredon rappelle d’ailleurs que ces produits ne bénéficient pas d’Autorisations de Mise sur le Marché pour un usage fongicide. « Et n’en ont pas besoin, n'étant pas des phytos » ajoute-t-il.

Effets bonus

Au-delà de la protection de la vigne contre la pourriture grise, ce traitement combiné Kelp/Invelop conduit à une augmentation des rendements. Les baies prenant plus volume avec élongation de la grappe explique Éric Capredon. Le technicien note également un gain en qualité, avec des effets hormonaux sur les arômes. S’ajoutent également des « protections comme l’échaudage et la phytotoxicité du cuivre au soleil. Et il y a un effet insectifuge, notamment sur la cicadelle verte » précise Stéphanie Peyrot, la responsable du développement vigne et vin d’Euralis.

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