Synergie et protection

Les effets positifs du vin sur la santé résumés, avec modération, par la médecine

Jeudi 09 février 2017 par Alexandre Abellan

Pour répondre à la question « le vin est-il bon pour la santé ? » (posé par l’évènement « les vendanges du savoir »), le trio de chercheurs a montré la palette de nuances et de réserves que l’on peut tirer des études médicales, tout en étant uni dans ses convictions.Pour répondre à la question « le vin est-il bon pour la santé ? » (posé par l’évènement « les vendanges du savoir »), le trio de chercheurs a montré la palette de nuances et de réserves que l’on peut tirer des études médicales, tout en étant uni dans ses convictions. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Réunis à la Cité du Vin pour une conférence sur les liens entre vins et santé, trois chercheurs bordelais tissaient tout en subtilités les impacts protecteurs du premier sur la deuxième.

« La consommation d’un à deux verres par jour chez la femme et d’un à trois verres de vin par jour chez l’homme n’est pas mauvaise pour la santé cérébrale chez le sujet âgé de 65 ans et plus » avance Jean-François Dartigues, professeur de santé publique à l’université de Bordeaux. Une conclusion qui a nécessité une dizaine d’années d’études de population* pour être étayée, mais qui a peu répondu aux attentes de l’audience studieuse, mais bien jeune, réunie ce 7 février dans l’auditorium Jefferson de la Cité du Vin pour la conférence « le vin est-il bon pour la santé ? » « Dans une population jeune, qui n’est pas soumise aux risques dégénératifs, il est normal que l’on ne trouve pas de bénéfices à la consommation de vin » s’amuse Jean-Marc Orgogozo, professeur en neurochirurgie.

Si mots d’esprits et sourires entendus fusaient à la table de conférence, le terrain restait bien glissant. Le professeur Jean-François Dartigues a d’emblée circonscrit le débat à une discussion de ses seuls travaux, sachant qu’« avec ce type de travaux, nous ne pouvons pas trancher entre un effet causal et une simple association ». Aucun des chercheurs n’aura pu dire que le vin a un rôle protecteur, mais présente des associations positives dans la prévention des maladies neurodégénératives et des pathologies cardiovasculaires.

"Honnêtement, on ne peut pas dire si le vin est bon pour la santé…"

« La relation entre le vin et la santé doit être replacée dans ce que le vin représente dans nos cultures. Le vin est un élément indispensable du repas, un symbole de la France et un moteur de son économie. Et quelque chose qui procure du plaisir et de la convivialité sans être toxique à doses modérées, cela suffit déjà ! Il n’y a pas besoin de chercher d’autres bénéfices. La convivialité et le plaisir sont en soi des domaines extrêmement positifs. Les effets sur la santé ne sont qu’un plus » plastronne Jean-François Dartigues

Mais la question des volumes conseillés et des nutriments clés reste entière. « Nous n’avons pas idée de l’ordonnance précise à donner. Il n’y a pas de réponse claire, il semble qu’il y ait un effet synergique entre les éléments » avance le docteur Cécilia Samieri, chercheuse à l’INSERM de Bordeaux, spécialiste du régime méditerranéen. Dans la consommation de vin, tout l’enjeu revient à la tempérance. « De faibles quantités de vin créent de convivialité, de fortes quantités entraînent des désordres aigus et chroniques » conclut Jean-Marc Orgogozo.

 

* : D’abord publiés en 1997, ces résultats ont suscité débats et polémiques avant d'être confirmés par des chercheurs tiers. « Des Bordelais qui montrent ce type de résultat, ce n’est pas crédible ! » se souvient, désormais amusé, Jean-François Dartigues

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