Santé

Le logo femme enceinte fait voir rouge à la viticulture girondine

Vendredi 20 janvier 2017 par Colette Goinère

Hervé Grandeau, président de la FGVB : Nos étiquettes n’ont pas vocation à véhiculer des avertissements médicaux, elles doivent rester des supports d’informations'.Hervé Grandeau, président de la FGVB : Nos étiquettes n’ont pas vocation à véhiculer des avertissements médicaux, elles doivent rester des supports d’informations'. - crédit photo : J. Camus
La viticulture girondine se dit opposée à l’agrandissement du logo d’avertissement des femmes enceintes qui figure sur les bouteilles.

« On a un coup de gueule à passer. C’est le ras-le-bol assuré. Et on veut que cela se sache » : Hervé Grandeau, président de la FGVB, la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, a donné le ton ce 20 janvier, lors d’une conférence de presse. Les raisons de la colère ? L’annonce du gouvernement lors du comité interministériel du 2 décembre 2016 de grossir le pictogramme (de 5 mm à 1 cm) sur les étiquettes de bouteilles de vins représentant une femme enceinte avec un verre à la main, barrée d’un trait rouge. Ce logo est obligatoire en France depuis 2007. Cette fois, la coupe est pleine.

Inflation des normes

« La prévention ne passe pas par un logo sur une étiquette. Ce n’est pas la bonne méthode » martèle le président de la FDVB. Et d’expliquer : « Nous en avons assez de l’inflation des normes. Il y a aujourd’hui jusqu’à huit mentions obligatoires sur l’étiquetage. Nos étiquettes n’ont pas vocation à véhiculer des avertissements médicaux, elles doivent rester des supports d’informations. Nous produisons, vendons, exportons et l’inflation normative constitue une charge croissante pour nos exportations, tout cela finit par peser sur notre compétitivité ».

Absence d’évaluation de l’efficacité du logo

De son côté, Bernard Farges, président de la CNAOC, la confédération nationale des AOC et des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur souligne que cette mesure a été prise « sans aucune concertation ». Et de souligner que « l’efficacité de ce pictogramme n’a jamais été évaluée depuis sa mise en place il y a dix ans ». Bref, pour Bernard Farges, la ministre de la santé préfère « une mesure cosmétique, sans doute inspirée par un esprit de revanche suite à la clarification de la loi Evin adoptée au printemps dernier par le Parlement ».

Pour autant la FGVB avance quelques propositions, notamment en préconisant un renforcement de l’éducation par rapport à la consommation d’alcool. « Ce sont les professionnels de la santé qui doivent faire cette prévention » répète Hervé Grandeau. En attendant la filière girondine viticole joue à pleine le lobbying auprès des élus locaux jusqu’au premier ministre. Tout en restant discrète sur les négociations engagées. Seule certitude : « Nous n’aurons pas de réaction de la part du ministère de la santé. Nous n’aurons pas de débat car il est sous la coupe de l’ANPAA, l’association nationale de prévention en alcoologie et addictologie » estime Bernard Farges.

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