Présidentielles 2017

L’ANPAA dévoile ses propositions anti-vin aux candidats

Mercredi 18 janvier 2017 par Alexandre Abellan

L’ANPAA demande également une révision à la hausse de la communication contre la consommation d’alcool. « Les dépenses de publicité pour les boissons alcooliques sont 100 fois supérieures au budget alloué à une campagne médiatique par an sur le risque alcool » précise son site.L’ANPAA demande également une révision à la hausse de la communication contre la consommation d’alcool. « Les dépenses de publicité pour les boissons alcooliques sont 100 fois supérieures au budget alloué à une campagne médiatique par an sur le risque alcool » précise son site. - crédit photo : ANPAA
Fer de lance du lobby hygiéniste en France, l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA) milite pour l’instauration d’un prix minimum sur les boissons alcoolisées, et d'un étiquetage des risques plus qu'exhaustif.

À une centaine de jours des prochaines élections présidentielles, les groupes de pression demandent aux candidats de toutes les sensibilités de se positionner sur leurs sujets. Si les Vignerons Indépendants plaident pour une « consommation qualitative et responsable du vin », l’ANPAA vient de présenter cinq propositions « pour faire de la prévention et des soins en matière de conduites addictives une priorité du prochain quinquennat ». Deux recommandations visent particulièrement les boissons alcoolisées : la « mise en place d’une politique de prix minimum de l’alcool » et « rendre obligatoire l’information des consommateurs sur les boissons alcoolisées ».

Voyant dans le prix un frein à la consommation des plus jeunes, l’ANPAA milite pour le « Prix Unitaire Minimum » (ou MUP, d’après l’acronyme du dispositif écossais). Visant particulièrement les produits d’entrée de gamme, il s’agit d’« un prix plancher, fixé en fonction de la quantité d'alcool pur contenue dans un produit ».

"Le prix minimum est disproportionné"

Pour le Comité Européen des Entreprises Vins, qui poursuit en justice le MUP mis en place par l’Écosse, il ne s’agit pas du dispositif de prévention le plus efficace qui soit (contrairement à la promotion d’une consommation éduquée et raisonnable). « Le MUP est disproportionné et entrave le commerce » tranche le docteur Ignacio Sánchez Recarte (secrétaire général du CEEV). Les candidats sont donc amenés à se positionner sur un sujet qui est loin de faire consensus. Mais qui est poussé par certains experts, comme la Cour des Comptes en 2016 (reprenant l’argumentaire de lOrganisation de Coopération et de Développement Economique).

Étiquetage, des calories aux résidus phytos

Alors que le débat sur un possible agrandissement du logo femme enceinte sur les étiquettes s'envenime, l’ANPAA en fait un prérequis. Et n’a pas peur de pousser le bouchon encore plus loin. Au maximum même, histoire qu’il soit impossible d’ouvrir la bouteille semble-t-il. Les hygiénistes demandent « à minima » que les étiquettes précisent « la quantité d’alcool pur », « l’apport calorique », « la composition, avec notamment la teneur en sulfites, sa teneur en résidus de pesticides et autres produits phytosanitaires ».

Pour justifier ces exigences, l’ANPAA explique pêle-mêle que « la viticulture qui représente moins de 4 % des terres cultivées consomme 20 % des pesticides utilisés en France », mais aussi que « la lutte contre le surpoids et l'obésité repose en grande partie sur l'information du consommateur » et que « plus d’un million de Français dépassent la dose journalière admissible de sulfites, principalement en raison de la consommation de vin (70 % des apports en sulfites) ».

Ayant sorti l’artillerie lourde, l’ANPAA attend désormais les retours des multiples prétendants à la présidence française, dont les réponses seront publiées au fil de l’eau sur le site de l’ANPAA (cliquer ici pour y accéder). Nul doute que la filière viti-vinicole et les hygiénistes ne distribueront pas les mêmes bons points.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Recopier le code :
Processing
© Vitisphere 2017 - Tout droit réservé