Autorisations de plantation

Ira-t-on jusqu’à des transferts entre pays ?

Lundi 25 juillet 2016 par Marion Sepeau Ivaldi

Xavier Desouche, président de la section viticole de la Coordination Rurale, veut créer une autorisation entre Bassin sortant et entrant dans le cadre des transferts des autorisations de plantation.Xavier Desouche, président de la section viticole de la Coordination Rurale, veut créer une autorisation entre Bassin sortant et entrant dans le cadre des transferts des autorisations de plantation. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Xavier Desouche, président de la Chambre d’agriculture des Charentes et président de la section viticole de la Coordination Rurale, part en guerre contre les transferts d’autorisations de plantation.

Xavier Desouche connaît bien le sujet des transferts d’autorisation de plantation entre région, lui qui est président de la Chambre d’agriculture des Charentes, car le problème est prégnant à Cognac en cette première année d’application de la nouvelle règlementation. Et celui qui est aussi président de la section viticole de la Coordination Rurale veut mettre un coup d’arrêt à cette pratique. « Il faut avoir un vrai travail en matière de législation européenne qui permette de se protéger de ces transferts » martèle Xavier Desouche. Car si le problème se pose à l’échelle régionale aujourd’hui, il pourrait changer d’échelle à l’avenir. « Rien dans la législation européenne n’interdit des transferts de droit entre pays européens. Ira-t-on jusqu’à des transferts entre Etat ? » s’interroge-t-il.

Le président ne s’en tient pas qu’à agiter des peurs, il veut aussi proposer. « Nous pourrions instaurer que les Bassins de production entrant et sortant autorisent ces transferts plantation » veut-il suggérer. La solution étudiée à l’heure actuelle à Cognac ne le convainc pas. Les producteurs du cognaçais envisagent, en effet, de porter le sujet devant l’Union européenne en plaidant que les transferts de plantations sont purement et simplement de la spéculation, ce que la règlementation européenne interdit. « La faille législative est trop mince. Quand on prend le droit européen dans sa globalité, les transferts de plantation sont autorisés » analyse-t-il.

"Il ne faut pas que les critères d’éligibilité soient trop discriminants"

Le président tient à préciser qu’il y a urgence à trouver une solution. « Il existe des appellations où le négoce a acheté des terres nues. A Crozes-Hermitage, par exemple, 600 hectares sans vigne appartiennent au négoce. L’appellation compte 1500 hectares plantés pour une aire délimitée qui fait 3500 hectares » explique-t-il. Selon lui, cela pose un vrai problème de régulation des prix avec un risque de surproduction dans une appellation prestigieuse. « La chute de prix, pèse sur la rentabilité qui influent sur les pratiques. Au final, c’est la qualité qui pâtit de la baisse des cours » déplore Xavier Desouche.

Enfin, le président de la section viticole de la Coordination Rurale veut une amélioration des critères de priorité. « C’est bien de donner en priorité aux premiers entrants mais encore faut-il leur donner  un avenir » remarque-t-il. Ce système, selon lui, nuit à l’accroissement du vignoble tout au long de la carrière des viticulteurs. « Il faut pouvoir évoluer et il ne faut pas que les critères soient trop discriminants » estime-t-il, tout en reconnaissant la nécessité de fixer les limites pour éviter les plantations sauvages.

 

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